Hausse de la taxe foncière : une mesure qui fait polémique

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Article rédigé par France 2 - M. Damoy, L. Berbey, N. Dalaudier, J. -M. Perroux - Édité par l'agence 6Medias
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Une nouvelle méthode de calcul de la taxe foncière, basée sur le confort et la surface des logements, suscite un tollé politique. Plus de 7 millions de propriétaires pourraient voir leur impôt augmenter, tandis que le gouvernement envisage un possible recul face aux critiques.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Une pièce en plus pour Philippe Chantier, qui a agrandi sa maison il y a deux ans. Tout le confort au rez-de-chaussée pour ses vieux jours, au total 25 mètres carrés supplémentaires qu'il a dû déclarer aux impôts. "On vous demande le confort de la maison. Si vous avez l'eau courante, le gaz, l'électricité, le nombre de WC, le nombre de baignoires, si vous avez un receveur de douche, le nombre de lavabos…" détaille le propriétaire. C'est en partie sur la base de ces nouveaux éléments que sa taxe foncière a été recalculée à la hausse.

La règle des mètres carrés "bonus"

Mais cette déclaration spontanée, tous les propriétaires ne l'ont pas faite. Plus de 7 millions de logements seraient concernés en 2026. Les impôts considèrent qu'ils sont tous équipés du confort moderne : eau courante, électricité ou salle de bain. Ces équipements augmentent la surface théorique du bien et donc la taxe foncière selon un barème précis : comptez 2 mètres carrés de plus par pièce chauffée, 5 mètres carrés pour une baignoire.

La mesure suscite un tollé politique général, du Rassemblement National (RN) aux partis socialistes. Jordan Bardella, président du RN, déclare lors d'un micro tendu : "C'est un coup dans le dos porté aux propriétaires français. Nous y sommes résolument opposés et je demande solennellement au Premier ministre de renoncer à cette mesure dans un contexte, encore une fois, extrêmement tendu, que nous connaissons dans le marché immobilier, mais surtout dans les fins de mois de nos compatriotes".

Une mesure contestée à tous les niveaux

Pour Philippe Brun, député PS de l'Eure : "Les taxes foncières ont déjà beaucoup augmenté ces dernières années. Il est temps que ça s'arrête maintenant". De vives critiques apparaissent aussi au sein du camp gouvernemental. Prisca Thevenot, députée LREM des Hauts-de-Seine, affirme : "Que ce soit automatique ou un rattrapage d'une mise à jour, peu importe, nous y sommes opposés".

Face à la levée de boucliers, le gouvernement ouvre ce 19 novembre la porte à un possible abandon de la mesure. "On se réserve le droit d'interroger la pertinence de cette mesure dans quelques mois lors d'un point d'étape ", a déclaré Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement, lors d’un point presse. Tous les propriétaires concernés par cette mise à jour seront prévenus par le service des impôts.