Shampoings, lotions, instituts... Comment éradiquer les poux ?

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Article rédigé par France 2 - A. Girault-Carlier, O. Labalette, J. Jonas, P. Personnaz, A. Belderrain, M. Weill - Édité par l'agence 6Medias
France Télévisions

Pour de nombreuses familles, éradiquer les poux est un parcours du combattant. Les produits coûtent cher et résistent de plus en plus aux traitements.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Dans cette famille, c'est devenu une obsession. Paolina Blaizot, la maman, scrute, mèche par mèche, la tête de ses trois enfants. Pas de poux ni de lentes ce soir, mais ses filles en ont au moins deux fois par an. Elle est très équipée. "J'ai tout. Donc effectivement, je n'ai pas mal de shampoings, des lotions, des gels. Il y en a qui sont plus ou moins efficaces rapidement. J'ai également des peignes, différents peignes", décrit-elle.

Paolina Blaizot est devenue une chasseuse de poux, prête à débourser 150 euros par an pour s'en débarrasser. Et dans l'appartement, elle ne laisse rien passer : ni le canapé, ni le lit, ni les doudous des enfants. "Ça implique d'enlever tous les draps. Les peluches, je les enlève pendant au moins une semaine et je les mets dans des sacs", explique-t-elle.

Un parasite à six pattes très fertile

Le pou est un parasite à six pattes très fertile : durant sa vie, la femelle peut pondre jusqu'à 300 œufs. Au moins un enfant sur cinq en attrape chaque année. Comment s'en débarrasser ? Premier réflexe, tenter l'anti-poux. En pharmacie, il y a une multitude de choix. "Vous avez ce qu'on appelle des shampoings, des sprays répulsifs, des peignes électriques. Donc ça, en fait, ça va électrocuter le pou", énumère Jean-Charles Rossi, pharmacien à la pharmacie des Halles (Paris). Au total, une cinquantaine d'articles, de 6 à 26 euros. Le pharmacien en vend de plus en plus. "Au début, on avait deux ou trois gammes. Maintenant, vous voyez ce qu'on peut avoir. Donc forcément, c'est qu'il y a un marché qui est quand même porteur", assure-t-il.

Mais à quels produits faire confiance ? Une équipe de France Télévisions a choisi quatre solutions très utilisées, qu'elle va tester avec Berthine Toubate, ingénieure de recherche en biologie à l'université de Tours. Dans son laboratoire, unique en France, elle cultive ses propres poux. Première chose qu'elle constate : après 18 ans passés au milieu de ces parasites, ils sont de plus en plus résistants aux produits. "Dans les années avant 2005-2007, c'étaient des produits insecticides. Et lorsqu'ils faisaient juste passer dans le produit, même au niveau des pattes, ça pouvait les tuer. Au fil du temps, ils ont construit une résistance", dit-elle.

Une solution naturelle fabriquée en Belgique

Passons aux tests. Deux shampoings d'abord, qui promettent une efficacité à 100%. Chaque solution est versée sur une dizaine de poux, puis 15 minutes de pause, comme indiqué dans les notices. Mais une fois le temps écoulé, pour le premier comme pour le deuxième shampoing, surprise : il y a des survivants. "Ils sont encore en train de se réveiller, ils sont en train de reprendre vie", observe Berthine Toubate. Selon la chercheuse, le shampoing n'étouffe pas totalement les poux à cause de la mousse, notamment. Même test sur les deux lotions, cette fois. Seule la seconde va éliminer tous les poux. Le produit qui a fonctionné à 100% est fabriqué en Belgique par Pierre-Yves Duhot, pharmacien et fondateur de Deparaz-Pro.

Pendant 15 ans, il a cherché la formule idéale. Et c'est dans la nature, sur un arbre, qu'il l'a trouvée. "Cette résine va se fixer sur la carapace du parasite, que ce soit adulte ou que ce soient ses œufs, les lentes. Et il suffira d'un tout petit peu d'eau pour déclencher la réaction de cristallisation. C'est un phénomène naturel que l'on observe dans la forêt amazonienne", explique Pierre-Yves Duhot.

Des instituts anti-poux

Quand rien ne marche, certains déploient les grands moyens : des instituts anti-poux. Pas question de couper les cheveux, ici, ils sont aspirés. "C'est un aspirateur à poux, avec un petit peigne à poux au bout, qui sert à dégrossir. Ça aspire 80-90% des poux qu'il y a sur la tête", assure la gérante. Pour ce qui reste, un passage méticuleux au peigne fin. Et ça rapporte : le salon facture entre 55 et 150 euros par client.

Et selon la patronne, oui, il y a bien des têtes à poux. "En fait, c'est un peu comme les peaux à moustiques. Ça n'a rien à voir avec l'épaisseur du cheveu ou la couleur du cheveu. C'est par rapport à ce que la peau dégage comme sébum, et en fonction du sang, ils vont être attirés vraiment par le sang", indique-t-elle. Et s'il est vrai qu'en parler peut donner envie de se gratter, contrairement aux idées reçues les poux ne sautent pas de tête en tête.