"Bienvenue en 2055 : dans un monde neutre en carbone" de la géographe Magali Reghezza-Zitt, aux éditions du Seuil

Cette semaine, une spécialiste des questions environnementales décrit le monde dans lequel nous pourrions vivre dans moins de trente ans, si nous cherchons à limiter au maximum nos émissions de CO2.

Article rédigé par Rémi Bostsarron
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1min
L'autrice décrit un monde dans lequel la production d'énergie et les modes de vie ont profondément changé. (REGHEZZA-ZITT / SEUIL)
L'autrice décrit un monde dans lequel la production d'énergie et les modes de vie ont profondément changé. (REGHEZZA-ZITT / SEUIL)

Alors que nous venons de vivre une semaine de chaleur record pour un mois de mai, Magali Reghezza-Zitt décrit le monde dans lequel nous vivrons dans 29 ans, si nous décidons aujourd’hui de suivre toutes les recommandations du GIEC, le groupement de scientifiques qui surveille le climat.

Des températures insupportables

D'après cette spécialiste des questions environnementales, si nous suivons ces recommandations, nous vivrons en 2055 dans un monde neutre en carbone, c'est-à-dire que nous cesserons d’émettre plus de carbone que ce que la nature et la technologie sont capables d’absorber.

Il faut préciser, pour commencer, que ce monde de 2055 tel que le dessine Magali Reghezza-Zitt ne va toujours pas très bien : la Terre a continué de se réchauffer pendant 29 ans et on peut désormais atteindre les 50 degrés à l’ombre en France, ce qui est insupportable. Mais les changements sont partout visibles.

Moins de viande, plus de production locale

En 2055, les villes sont silencieuses – on se déplace à pied, à vélo ou en transports collectifs électriques –, les logements sont plus petits mais mieux agencés et mieux isolés, le plastique et les emballages ont pratiquement disparu – on achète les aliments en vrac, les médicaments à l’unité. Et puis nos vêtements sont en fibres végétales ou animales, ils durent beaucoup plus longtemps, la "fast fashion" a donc totalement disparu.

On mange aussi moins de viande. Il y a toujours des barbecues, c’est écrit pour rassurer tout le monde. Mais, dans ce domaine comme dans les autres, on a appris la sobriété : 50% de viande en moins. À côté, on mange davantage de lentilles, de pois chiche, de légumineuses ainsi que des fruits et des légumes de saison produits près de chez nous (notamment des kiwis ou des agrumes qu’on trouve désormais dans plusieurs régions).

Des emplois disparaissent, d'autres se développent

Magali Reghezza-Zitt ne cache pas que ces transformations auront des conséquences sociales. Il y aura des destructions d’emploi dans l’industrie, la pétrochimie ou l’agroalimentaire.

Mais beaucoup de métiers vont se développer : ceux de la forêt, du soin, du recyclage, les métiers manuels en général, pour travailler la pierre, le bois, les métaux, pour fabriquer, réparer, recycler. En 2055, il y aura donc de nouvelles filières, de nouvelles formations, si la volonté politique existe.

Cette volonté politique est la clé de tous ces changements, selon l'autrice, parce que les solutions, elles, sont déjà là.