Sur X, des internautes dénoncent le harcèlement scolaire par certains adultes

Depuis plusieurs jours, des internautes témoignent du harcèlement scolaire qu’ils ont vécu plus jeunes et racontent comment, dans certains cas, des surveillants et des professeurs auraient contribué aux moqueries.

Article rédigé par Julie Viallon
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1min
1 parent sur 3 estime que son enfant a déjà subi, à l’école, du harcèlement, une discrimination ou un traitement inégalitaire. (SÉBASTIEN TOUBON / MAXPPP)
1 parent sur 3 estime que son enfant a déjà subi, à l’école, du harcèlement, une discrimination ou un traitement inégalitaire. (SÉBASTIEN TOUBON / MAXPPP)

La semaine dernière, une jeune femme a posté ceci : "Les surveillants aiment trop participer au harcèlement scolaire." Une autre a répondu : "Les professeurs aussi et on n’en parle pas assez." À la suite de ces posts-là, des dizaines de commentaires racontent des expériences similaires.

Beaucoup d’internautes expliquent que, pour eux, le harcèlement scolaire ne venait pas seulement des autres enfants, mais aussi parfois des adultes censés les protéger. Sans mentionner cependant l'identité des professeurs qu'ils accusent. On retrouve des récits d’humiliations publiques, de surnoms imposés par des professeurs, de surveillants qui se moquent d’élèves déjà isolés, de CPE qui minimisent les violences ou retournent la situation contre la victime.

Une institution critiquée par élèves et enseignants

Ces récits rappellent des vagues de dénonciation que l’on a déjà vues dans le passé. Le hashtag #BalanceTonBahut en 2020, puis le hashtag #PasDeVague côté enseignants, avaient déjà alimenté les critiques contre une institution scolaire accusée de protéger davantage sa réputation plutôt que les victimes.

Beaucoup de témoignages décrivaient des directions qui minimisent les faits, évitent les procédures disciplinaires ou cherchent surtout à empêcher "les histoires" de sortir de l’établissement.

Une idée revient constamment : l’élève harcelé devient progressivement celui qui dérange l’institution.

Évidemment, de nombreux commentaires précisent aussi que tous les professeurs et surveillants ne sont pas concernés et que, au contraire, certains font tout pour sortir leurs élèves du harcèlement qu’ils subissent.

L'affaire Evaëlle

Le sujet a pris une dimension nationale avec l’affaire d’Evaëlle. L'adolescente de 11 ans s’est suicidée en 2019, après avoir subi des violences de la part d’élèves. Mais sa famille accusait aussi une enseignante d’humiliations répétées. Relaxée en 2025, la professeure a finalement été condamnée à 1 an de prison avec sursis, en avril dernier.

L'affaire a profondément marqué le débat public parce qu’elle posait une question dérangeante : à partir de quel moment une méthode pédagogique devient-elle une violence psychologique ?

Selon la Défenseur des droits, un parent sur trois estime aujourd’hui que son enfant a déjà subi, à l’école, harcèlement, discrimination ou traitement inégalitaire.