"Cela fait trois ans et demi qu'il pleure sa maison", l’enfer des chantiers inachevés 

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Article rédigé par France 2 - F. Mereo, F. Daireaux, F. Le Moal, S. Jampy, F. Rieser, L. Michel. Édité par l'agence 6Medias
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Quels sont les recours possibles contre les entreprises du bâtiment qui ne terminent pas leurs travaux alors que leur société fait faillite ? C'est le cauchemar de milliers de Français. L'impact est à la fois économique et psychologique.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


De l'extérieur, une maison paraît presque parfaite. Mais il suffit d'un tour de clé et c'est la désolation. "Il n'y a rien de fait. C'est vide, ça fait mal", se désolent les propriétaires. Quatre ans que Chantal et Jean-Paul Codevelle sont privés de leur maison adorée. Le 23 octobre 2022, des vents soufflent à plus de 200 km/h sur Bihucourt (Pas-de-Calais). La tornade dévaste le village, dont leur habitation en brique.

Des travaux inachevés

Mais le couple va tout perdre une seconde fois. Après le sinistre, l'assurance leur verse 420 000 euros pour la reconstruction. Ils paient donc des entrepreneurs. "Il y a la plâtrerie, il y a l'électricité, chauffage, cuisine, peinture…", énumère Chantal. Mais tous les travaux n'ont pas été réalisés. "On a payé 280 000 euros de travaux qui n'ont pas été faits. Ils nous ont endormis. Ils nous ont pris notre pognon", déplore le couple.

Des entrepreneurs ont en effet continué à leur demander de l'argent alors que leur société était au bord de la faillite. Le couple se dit arnaqué, un des artisans se défend : "Les entreprises n'existent plus, donc je ne peux plus rien dire. À un moment donné, si les assurances ne veulent pas leur donner d'argent pour continuer les travaux... C'est pas avec gaieté que j’ai fait ça."

Au moins trois sociétés de la région ont ainsi déposé le bilan, laissant, comme les Codevelle, plusieurs familles sur le carreau. Chez les Henry : ni électricité, ni isolation, ni escalier. 150 000 euros de travaux payés n'ont pas été réalisés. Leur ado de 12 ans n'a plus de cocon. "Cela fait trois ans et demi qu'il pleure sa maison. Ce n'est pas simple", lance Marie-Cécile Henry, sinistrée à Bihucourt (Pas-de-Calais). Aujourd'hui, les familles n'ont quasiment aucun recours juridique. Une élue a décidé de leur organiser une cagnotte, seule solution pour regagner leur maison.

Les profiteurs des malheurs climatiques

En France, les malheurs climatiques sont du pain béni pour les profiteurs. Partout, la presse se fait l'écho de personnes mal intentionnées qui tentent d'abuser des sinistrés. Dans le Val-d'Oise, un homme en a fait l'amère expérience. En octobre, juste après une tempête, deux couvreurs débarquent chez lui, alors qu'il ne les a pas sollicités. "Pour un quart d'heure, qu’ils ont passé sur mon toit, ils me demandent de leur donner 1 500 euros en espèces", assure Georges Dougueli, sinistré à Saint-Prix (Val-d’Oise).

Le quadragénaire refuse de payer et se fait une belle frayeur. "À 6 heures du matin, ils ont sonné et m'ont dit : 'on est revenu, c'est pour le paiement'. Et quand ils sont chez vous, vous avez la boule au ventre [...] Ils savent où vous vivez avec votre famille. Et ça a duré trois jours", raconte Georges Dougueli. Contacté, l'entrepreneur nous affirme avoir réalisé une vraie prestation. Les experts conseillent de toujours se rapprocher des assurances, et de ne jamais payer en liquide pour chasser les mauvaises intentions.