Témoignage "Viols, tortures, disparitions forcées…" Une association documente les crimes commis par les Gardiens de la Révolution en Iran

Par des témoignages, des vidéos, des fichiers sonores et des photos, l'association Norouz tente de collecter le maximum de preuves pour faire reconnaître les crimes contre l'humanité commis en Iran.

Article rédigé par Valérie Crova
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1min
Des passants devant une banderole à l'effigie du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et du défunt leader Rouhollah Khomeini, sur la place Enghelab (place de la Révolution), à Téhéran, le 14 janvier 2026. (ATTA KENARE / AFP)
Des passants devant une banderole à l'effigie du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et du défunt leader Rouhollah Khomeini, sur la place Enghelab (place de la Révolution), à Téhéran, le 14 janvier 2026. (ATTA KENARE / AFP)

Comment documenter les crimes commis en République islamique d'Iran malgré le black-out imposé par le régime ? Alors que les chiffres de la répression font état de plusieurs milliers de morts lors des manifestations début janvier, des associations de défense des droits humains tentent de collecter le maximum de preuves qui, espèrent-elles, serviront à monter un dossier devant la justice internationale.

Avec l'association Norouz dont il est le président, Hirbod Dehghani-Azar, avocat franco-iranien, s'attelle à recueillir le maximum de témoignages : "On a le cas de quelqu'un qui a fait une vidéo, on ne veut pas lui rendre le corps de son enfant parce qu'on lui demande de payer une somme, ce qu'elle refuse de faire parce qu'elle n'a simplement pas les moyens de le faire."

"La certitude qu'un jour ou l'autre une juridiction internationale viendra condamner les personnes qui ont commis de telles horreurs"

Cette vidéo est parvenue via une plateforme cryptée conçue par des Français et accessible depuis l'Iran : "Cet outil numérique permet de géolocaliser et d'horodater tous les témoignages directement. Cela peut être des vidéos, des fichiers son, des photos."

"On traitera ces données dans le cadre des saisines qu'on entend faire pour faire reconnaître les crimes contre l'humanité commis en Iran."

Hirbod Dehghani-Azar, avocat franco-iranien

à franceinfo

Des preuves recueillies également grâce aux Iraniens qui sont sortis de leur pays et qui racontent les massacres commis : "On est en train de parler de viols, de tortures, de disparitions forcées, d'atteintes majeures sur des enfants et d'utilisation de la peine de mort comme outil de répression, mais aussi outil de régulation. Franchement, ce n'est pas que j'ai un espoir, j'ai la certitude qu'un jour ou l'autre, une juridiction internationale viendra condamner les personnes qui ont commis de telles horreurs." Désormais classés comme organisation terroriste par l'Union européenne, les Gardiens de la Révolution devront, à ce titre, répondre de leurs crimes.