Notre-Dame de Bétharram : "L'établissement va fermer faute d'élèves" affirme le porte-parole du collectif de victimes, qui appelle le gouvernement à agir

La fermeture de l'établissement, au cœur d'un scandale de violences et d'agressions sexuelles, a été annoncée, puis démentie par l'Enseignement catholique.

Article rédigé par franceinfo
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Alain Esquerre, porte-parole du collectif des victimes de Betharram, à Paris le 20 mars 2025 (JULIEN DE ROSA / AFP)
Alain Esquerre, porte-parole du collectif des victimes de Betharram, à Paris le 20 mars 2025 (JULIEN DE ROSA / AFP)

"Je vous le confirme, l’établissement va fermer", assure jeudi 22 janvier sur franceinfo Alain Esquerre, porte-parole du collectif des victimes de Bétharram. "Déjà, avant le scandale, la situation financière de l'établissement était assez catastrophique. L'établissement va fermer faute de combattants, faute d'élèves. Parce qu'aujourd'hui, vous n'avez quasiment plus aucun interne", affirme-t-il. Les syndicats enseignants ont été mis au courant déjà depuis plusieurs semaines de ce déménagement de l'institution vers un établissement voisin à Igon, selon Alain Esquerre.

De son côté, le secrétariat général de l'Enseignement catholique a démenti les déclarations du président de la Fnogec (Fédération des organismes de gestion), Pierre-Vincent Guéret, qui avançait plus tôt dans la journée une fermeture "à l'été" de la structure. "A ce stade", il n'est "pas question de fermeture de l'établissement" scolaire Le Beau Rameau, anciennement Bétharram, indiquait le secrétariat général de l'Enseignement catholique dans un communiqué.

Alain Esquerre souligne que la fermeture de l'établissement serait aussi une manière de passer à autre chose. "Ces murs sont des murs de violence, où des crimes ont été commis, rappelle-t-il. Si la congrégation et Rome ne prennent pas leurs responsabilités, c'est au ministre de l'Éducation nationale que j'en appelle, pour lui dire de fermer cet établissement, en tout cas de rompre le contrat qui le lie avec cette structure".

Le ministre de l'Education nationale dit "comprendre tout à fait" la décision d'une fermeture "éventuelle"

Interrogé sur France Culture, Edouard Geffray dit jeudi soir "comprendre tout à fait" une décision de fermeture : "Bétharram est devenu symboliquement le lieu de crimes épouvantables, mais dont ne sont pas responsables les élèves et les professeurs qui le fréquentent actuellement (...) Je comprends que la charge mentale et symbolique qui pèse quand on rentre tous les jours dans le bâtiment puisse être lourde". "Je ne commente pas la décision éventuelle, puisque je comprends qu'elle est encore éventuelle, poursuit le ministre, mais en tout cas je comprendrais son principe". "Cela ne retire rien ni à la nécessité de poursuivre les travaux sur ce qu'il s'est passé ni bien sûr à la vigilance normale qu'on doit avoir comme pour tous les établissements scolaires".

Les faits de violences et d’abus sexuels dénoncés par d'anciens élèves de Notre-Dame de Bétharram s'étalent des années 1970 à 2010. Ils incluent des scènes de torture, des punitions humiliantes, des viols et de multiples agressions sexuelles sur mineurs. 15 prêtres sont mis en cause au total, dont 14 sont décédés. Quatre laïcs et trois anciens élèves sont également mis en cause.

La Congrégation de Bétharram, qui dirigeait l'établissement béarnais au cœur du scandale, avait reconnu en mars 2025 sa "responsabilité" dans les faits dénoncés par près de 250 plaintes individuelles, dont la moitié pour des agressions à caractère sexuel.