"Plus vite et plus fort" : lors de ses vœux aux armées, Emmanuel Macron appelle à faire plus en matière de défense

Le chef de l'Etat a estimé que la France devrait consentir à "des efforts à la mesure de notre rude époque", dans un contexte de tensions avec les Etats-Unis sur le Groenland.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Emmanuel Macron lors de ses voeux aux armées, à Istres (Bouches-du-Rhône), le 15 janvier 2026. (PHILIPPE MAGONI / AFP)
Emmanuel Macron lors de ses voeux aux armées, à Istres (Bouches-du-Rhône), le 15 janvier 2026. (PHILIPPE MAGONI / AFP)

"Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort." Emmanuel Macron a appelé la France et ses armées, jeudi 15 janvier, à consentir "des efforts à la mesure de notre rude époque" et annoncé, face à des alliés américains devenus des "compétiteurs" inattendus, l'envoi de nouveaux "moyens terrestres, aériens et maritimes" au Groenland. Le chef de l'Etat présentait ses vœux aux armées sur la base aérienne d'Istres (Bouches-du-Rhône), dans la foulée d'un conseil de défense à l'Elysée consacré à la situation au Groenland et en Iran.

Dans un contexte de tension transatlantique inédit au sein de l'Otan, la France va envoyer des moyens supplémentaires, dans le cadre d'une mission européenne, "dans les prochains jours" au Groenland, territoire autonome danois convoité par les Etats-Unis. Une "quinzaine" de chasseurs alpins français ont déjà été mobilisés pour cette "opération de dissuasion" visant à "montrer aux Etats-Unis que l'Otan est présente", avait précisé un peu plus tôt l'ambassadeur de France pour les pôles, Olivier Poivre d'Arvor, sur franceinfo.

"Des certitudes qui parfois avaient des décennies sont remises en cause. (...) L'Europe a des compétiteurs qu'elle ne pensait pas avoir. Elle a parfois des alliés qu'on pensait prévisibles, impavides, toujours à nos côtés, qui se mettent à faire douter beaucoup, voire qui se retournent vers ceux qui doutaient le moins", a lancé Emmanuel Macron dans une allusion au Danemark et aux pays de l'Est européen. Donald Trump, invoquant des nécessités de sécurité nationale face à des menaces russes et chinoises, menace en effet de s'emparer du Groenland par tous les moyens, y compris la force.

Des moyens en augmentation, si le budget est adopté

Le chef de l'Etat a aussi appelé le Parlement à "adopter d'ici le 14 juillet" l'actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030, qui prévoit actuellement 413 milliards d'euros, afin de renforcer les moyens de la défense. Il réclame 36 milliards d'euros de plus d'ici 2030 pour les armées "pour accélérer notre réarmement", dont une rallonge de 3,5 milliards dès cette année et une autre de 3 milliards l'an prochain. Cette "surmarche" est toutefois suspendue pour 2026 à l'adoption d'un budget toujours dans les limbes.

En Ukraine, la France et ses partenaires européens sont pleinement mobilisés en appui de l'armée ukrainienne et pour le déploiement d'une force multinationale destinée à dissuader la Russie de toute nouvelle attaque le jour où une paix sera conclue, a-t-il souligné. Emmanuel Macron a affirmé au passage que la France fournissait désormais à l'Ukraine "les deux tiers" des "capacités de renseignement" nécessaires face à la Russie – là où les Etats-Unis étaient auparavant prépondérants.

Sur l'Iran, la France a "appelé à la cessation" des attaques "odieuses" contre les manifestants mais aussi à "ne pas escalader dans la région", a-t-il insisté, alors que Donald Trump menace de recourir à la force contre le régime des mollahs. Le chef de l'Etat a aussi fait de la restauration du service national, rémunéré et volontaire, un de ses chantiers pour 2026. Les armées comptent enrôler 3 000 candidats cette année, 4 000 en 2027, 10 000 en 2030 avec 42 500 comme ambition en 2035.