Vladimir Poutine et Javier Milei invités, un siège permanent à un milliard de dollars... Ce que l'on sait du "Conseil de paix" lancé par Donald Trump
Le comité que le président américain veut former pour superviser la sortie de guerre à Gaza pourrait en fait intervenir dans bien d'autres crises à travers le monde. Au risque de court-circuiter l'ONU.
Il veut rebattre les cartes de la coopération internationale. Donald Trump a de nouvelles ambitions pour son "Conseil de paix" pour la bande de Gaza, dont le mandat semble en réalité dépasser très largement l'enclave palestinienne. Selon une charte de cette organisation obtenue par plusieurs médias ainsi que l'AFP, lundi 19 janvier, il est désormais question de "garantir la paix" dans le monde entier. Son fonctionnement ressemble à celui d'un club privé, fait "d'invitations" et de sièges permanents vendus à un milliard de dollars. Franceinfo fait le point sur ce projet qui a l'ONU dans le viseur.
Un périmètre d'action bien plus large
Jusqu'à la révélation de sa charte lundi, le "Conseil pour la paix" de Donald Trump avait pour seule mission de superviser la phase 2 du plan visant à mettre fin à la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza. C'est d'ailleurs le périmètre que lui avait fixé l'ONU et son Conseil de sécurité mi-novembre dans une résolution, en lui donnant un mandat courant jusqu'à la fin de l'année 2027.
Pourtant, dans la charte distribuée en pièce jointe aux invitations à rejoindre ce comité, aucune mention n'est faite du territoire palestinien. Ce projet vise à "promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", explique son article 1. Par cette phrase, le mandat de l'entité prend une ampleur tout à fait différente. "Le Conseil assumera ces fonctions de consolidation de la paix conformément au droit international et à la présente charte", est-il écrit dans le même article.
Seuls les pays invités ont le droit d'y siéger
Comme cela a été validé par l'ONU, Donald Trump sera le "premier président du Conseil de paix". Mais la charte de huit pages diffusée lundi précise que ses pouvoirs seront très larges. Selon ce texte, le président américain serait le seul autorisé à "inviter" d'autres chefs d'Etat et de gouvernement à le rejoindre. Donald Trump pourrait révoquer leur adhésion d'un simple geste, sauf en cas de "veto par une majorité des deux tiers des Etats membres". La charte prévoit aussi que le président du "Conseil de paix" se réserve un droit de regard sur tous les votes.
Un siège permanent à un milliard de dollars
Autre particularité : la participation à ce comité expire au bout de trois ans. Pour renouveler leur "mandat", les pays doivent alors à nouveau être invités par le président, sauf s'ils ont versé "plus d'un milliard de dollars en espèces au "Conseil de paix" au cours de la première année suivant l'entrée en vigueur de la charte", précise le texte.
Certains dirigeants "d'envergure mondiale" se verront par ailleurs nommés au sein d'un "comité exécutif", selon cette charte. Là encore, le président du comité a d'importants pouvoirs. "Les membres du comité exécutif sont nommés pour un mandat de deux ans, sous réserve de révocation par le président et renouvelable à sa discrétion", détaille le texte.
Vladimir Poutine, Javier Milei et Viktor Orban invités
Depuis samedi, plusieurs dirigeants étrangers ou conseillers de ces derniers ont affirmé avoir reçu une invitation de la part de Donald Trump, sans pour autant dire s'ils comptaient l'accepter. Il s'agit notamment du Premier ministre de l'Albanie, Edi Rama, du président argentin, Javier Milei, du président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, du Premier ministre canadien, Mark Carney, mais aussi du président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, du président turc, Recep Tayyip Erdogan, de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, et du Premier ministre hongrois, Viktor Orban.
Lundi, le Kremlin a fait savoir que le président russe Vladimir Poutine avait "reçu une invitation", sans préciser si une quelconque réponse avait été donnée. De son côté, la France a également été invitée mais "n'entend pas donner suite favorable" à ce stade, car ce projet "soulève des questions majeures", a déclaré à l'AFP l'entourage d'Emmanuel Macron.
Du fait de l'évolution radicale du projet de comité, des incertitudes demeurent autour de la composition exacte de l'organisme. Avant la diffusion de cette charte, il était cependant prévu que le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, l'émissaire spécial Steve Witkoff ainsi que le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, qui est aussi son médiateur officieux, y prennent part, tout comme le président de la Banque mondiale, Ajay Banga. L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair a de son côté confirmé samedi sa participation au conseil, précisant être "honoré d'avoir été nommé à son comité exécutif".
Un budget, du personnel et des agences évoqués
La charte ajoute que ce "Conseil de paix" se réserve le droit d'avoir un budget, grâce aux participations "volontaires" de ses membres, mais aussi "d'employer du personnel" et de créer des sous-comités ainsi que des "entités subsidiaires" pour mener des missions. Là encore, seul le président est habilité à "créer, modifier ou dissoudre" ces organes. En cas de désaccord entre les membres du comité, par exemple concernant les agences ou le personnel, un règlement "amical" est recommandé. Le président peut être appelé à trancher en sa qualité d'"autorité finale".
Un "quartier général" et des "bureaux extérieurs" sont mentionnés, ainsi qu'un sceau officiel qui doit être approuvé, là encore, par le président. L'anglais est désigné comme la langue officielle. Il est précisé que la charte "entrera en vigueur dès que trois Etats auront exprimé leur consentement à être liés par celle-ci".
L'ONU et les organisations internationales mises à l'écart
Dans son préambule, le texte recommande de "s'écarter des approches et des institutions qui ont trop souvent échoué". Sans les nommer directement, il juge aussi que les organisations internationales "favorisent la dépendance" des régions en guerre et "institutionnalisent les crises". Le "Conseil de paix" se présente alors comme "plus agile et plus efficace".
Sur X, l'ONU a publié lundi un message sobre, rappelant que "depuis huit décennies, les Nations unies ont travaillé au nom de l'humanité". "Aujourd'hui, nous restons plus que jamais engagés à promouvoir la paix, la dignité et l'égalité pour tous sur une planète en bonne santé", a réagi l'organisation, qui avait été très critiquée par Donald Trump lors de l'assemblée générale fin septembre. "L'ONU, ce sont des mots creux. Et les mots creux ne résolvent pas les guerres", avait alors lancé le président américain.
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