Donald Trump souhaite envoyer jusqu'à 30 000 migrants sans-papiers à Guantanamo

Selon le "New York Times", la base militaire est utilisée depuis des décennies par les Etats-Unis pour incarcérer des migrants interceptés en mer.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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La base militaire américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, le 7 septembre 2021. (PAUL HANDLEY / AFP)
La base militaire américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, le 7 septembre 2021. (PAUL HANDLEY / AFP)

Donald Trump poursuit son offensive à l'encontre des sans-papiers aux Etats-Unis"Je vais signer aujourd'hui un décret demandant aux ministères de la Défense et de la Sécurité intérieure de préparer un centre pour 30 000 migrants à Guantanamo Bay", a déclaré le président américain depuis la Maison Blanche, mercredi 29 janvier, ajoutant qu'il s'agirait de "criminels" en situation irrégulière. 

Dans un mémorandum un peu plus tard, le dirigeant populiste a déclaré ordonner aux deux ministères de "prendre toutes les mesures appropriées pour agrandir le centre d'opérations pour migrants de la station navale de Guantanamo Bay, afin qu'il atteigne sa pleine capacité et fournisse un espace de détention supplémentaire pour les étrangers criminels hautement prioritaires en situation irrégulière aux États-Unis". 

La base militaire américaine de Guantanamo, sur l'île de Cuba, accueille une prison ouverte en 2002 dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" déclarée par l'ancien président américain George W. Bush, après les attentats du 11 septembre 2001. Elle a vu défiler des centaines de prisonniers, dont certains membres du groupe terroriste jihadiste Al-Qaïda. Cette prison a provoqué de vifs débats des Etats-Unis, à cause de ses conditions de détention extrêmes et de son recours à la torture.

Une base déjà utilisée pour incarcérer des migrants

En septembre, le New York Times avait obtenu des documents gouvernementaux montrant que la base militaire de Guantanamo était également utilisée depuis des décennies par les Etats-Unis, pour incarcérer certains migrants interceptés en mer. Selon le quotidien américain, les migrants sont placés en détention dans un espace séparé de la prison où sont incarcérés les détenus accusés de terrorisme.

Des associations dénoncent leur traitement sur place. Des témoignages recueillis par le journal expliquent que les migrants sont surveillés lorsqu'ils appellent un avocat, qu'ils sont forcés de porter des lunettes occultantes lors de leurs transports, et que des rats sont attirés par les conditions d'hygiène déplorables de l'endroit.