: Reportage "Ils ont brisé la nuque de notre économie" : un mois après l'arrestation du maire d'Istanbul, l'opposition turque maintient la pression sur le pouvoir
La formation du maire emprisonné, le Parti républicain du peuple (CHP), continue de dénoncer un "putsch" contre son candidat à la prochaine présidentielle, et organise des rassemblements notamment dans des bastions du pouvoir.
Il y a un mois, le 19 mars, la police d'Istanbul arrêtait pour "corruption" et "terrorisme" le maire de la plus grande ville turque, Ekrem Imamoglu, le principal rival du président Recep Tayyip Erdogan. Cette incarcération a poussé des centaines de milliers de Turcs à descendre dans les rues. Le CHP s'efforce de maintenir la pression sur le pouvoir, notamment en organisant deux rassemblements par semaine.
Samedi 19 avril, il était à Yozgat, une ville d'Anatolie centrale considérée comme un bastion du pouvoir. Özgür Özel, le dirigeant du CHP, est entré dans cette ville au volant d'un tracteur, suivi de dizaines d'autres, klaxons hurlant, conduits par des agriculteurs. L'image et le choix de Yozgat n'ont rien d'anodin. Au plus fort des rassemblements contre l'arrestation d'Ekrem Imamoglu, cette région conservatrice avait été le témoin d'une scène étonnante : une manifestation d'agriculteurs en faveur du maire d'Istanbul, sur leurs tracteurs, dans une ville où le CHP n'a récolté que 2% des voix aux municipales en 2024.
"Nous sommes au bon endroit !"
Le principal parti d'opposition veut faire de Yozgat un symbole. Le CHP ambitionne non seulement de faire durer la contestation, mais aussi de l'étendre à toute la Turquie, en particulier aux provinces qui semblent acquises au président Erdogan. À Yozgat, ils étaient des milliers pour écouter Özgür Özel : "Nous aurions pu faire ce meeting à Antalya ou dans un autre bastion de notre parti. Mais si cette place, cette ville de Yozgat qui a voté pour toi, Erdogan, à 75% à la dernière présidentielle, se fait entendre aujourd'hui pour dénoncer ce putsch contre les urnes, contre cette junte que tu as mise à la tête du pays alors, Erdogan, c'est que nous sommes au bon endroit !"
Ces meetings en Anatolie, à raison d'un par week-end, sont aussi une façon de poser Ekrem Imamoglu en candidat de tout le pays à la prochaine présidentielle, d'aller au-delà de son image de maire d'Istanbul. Il s'agit enfin d'exacerber le mécontentement que la forte inflation des dernières années suscite dans la population, y compris chez les partisans du pouvoir. Les fermiers pro-Imamoglu avaient d'ailleurs aussi protesté contre la crise de leur profession. "Ces putschistes ont brisé la nuque de notre économie déjà très en difficulté, affirme Özgür Özel. Quand nous serons au pouvoir, nous ferons de la Turquie une vraie démocratie qui marche vers l'Union européenne et les capitaux, les investissements qui fuient aujourd'hui la Turquie reviendront !"
Prochain rendez-vous pour l'opposition : le 23 avril, un jour de fête nationale en Turquie, pour une grande marche à Ankara jusqu'au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la République.
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