Mort de Quentin Deranque : Raphaël Arnault "peut exercer son mandat", selon la présidente de l'Assemblée nationale

Yaël Braun-Pivet rappelle toutefois le nécessaire "devoir d'exemplarité" en tant que député. Deux des collaborateurs de Raphaël Arnault figurent parmi les suspects dans l’enquête sur le meurtre du militant identitaire en février dernier à Lyon.

Article rédigé par franceinfo
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La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, le 2 avril 2026 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, le 2 avril 2026 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Un mois et demi après la mort du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque impliquant certains de ses proches, le député insoumis Raphaël Arnault a fait son retour mercredi à l'Assemblée nationale. Il "peut exercer son mandat", a déclaré jeudi 2 avril sur franceinfo la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, tout en rappelant le "devoir d’exemplarité" qui incombe aux élus.

Deux des collaborateurs, actuels ou anciens, du député insoumis figurent parmi les suspects dans l’enquête sur le meurtre de Quentin Deranque. Le militant identitaire de 23 ans avait été violemment frappé au sol le 12 février à Lyon, par plusieurs personnes encagoulées. Il est mort deux jours plus tard à l'hôpital. Des membres du mouvement antifasciste dissous La Jeune Garde, cofondé par Raphaël Arnault, se trouvent parmi les suspects. Adrian Besseyre, 25 ans, qui travaillait dans l'équipe du député jusqu'à quelques jours avant les faits, est mis en examen pour homicide volontaire. L'assistant parlementaire de Raphaël Arnault, Jacques-Elie Favrot, 25 ans, est poursuivi pour complicité.

"Une drôle de façon d’exercer son mandat politique"

"Il est député. C'est uniquement nos concitoyens, lorsqu'ils votent, qui peuvent mettre fin ou empêcher le renouvellement de son mandat", observe Yaël Braun-Pivet. "Je ne l'ai pas croisé, je ne l'ai pas vu, je n'ai même pas noté sa présence lorsque j'ai présidé hier après-midi les débats. Ça s'est passé correctement", a précisé la présidente de l'Assemblée nationale. Elle a cependant souligné "le devoir évidemment d’exemplarité" des élus.

"Raphaël Arnault n'est pas mis en examen, il n'est pas accusé d'avoir commis une quelconque infraction. Maintenant, autour de lui, il avait des collaborateurs qui sont, eux, poursuivis", a-t-elle noté. "C’est une drôle de façon d’exercer son mandat politique", a-t-elle relevé. Yaël Braun-Pivet a aussi rappelé qu'elle avait mis fin à la possibilité pour les collaborateurs des députés d’utiliser un pseudonyme. "En tant que présidente de l’Assemblée nationale, mon rôle, c’est de rappeler les règles de l’État de droit", a-t-elle conclu.

Raphaël Arnault s'est exprimé mercredi sur ce retour pendant plus d'une heure, dans une interview diffusée sur le compte YouTube du média classé à gauche Blast. Il y a dénoncé une forme de récupération politique : "Ils se fichent de la violence politique ; leur but, c'est d'éteindre la gauche".