Municipales 2026 : comment les petits partis politiques comptent faire fructifier leur ancrage local... ou conquérir leurs premières mairies

Le scrutin de dimanche est stratégique pour plusieurs petites formations politiques, qui cherchent à défendre leurs bastions ou à s'implanter durablement sur le territoire.

Article rédigé par Hélène Terzian, Audrey Tison, Elie Abergel
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3min
Un maire avec l'écharpe tricolore, devant une mairie (illustration). (Emma BUONCRISTIANI / MAXPPP)
Un maire avec l'écharpe tricolore, devant une mairie (illustration). (Emma BUONCRISTIANI / MAXPPP)

Les élections municipales, dont le premier tour a lieu dimanche 15 mars, sont un scrutin important pour les grands partis, mais aussi pour ceux un peu plus modestes. C'est le cas par exemple au Parti communiste. Bien implanté localement, il est aujourd'hui souvent allié avec d'autres forces de gauche : les socialistes, les écologistes, et parfois les insoumis.

Mais l'enjeu principal, pour le PCF, c'est de se maintenir dans les bastions qu'il avait réussi à conserver en 2020, voire de conquérir de plus grandes villes. Face à la principale menace pour le parti aujourd'hui, le RN, le porte-parole du PCF Ian Brossat défend ce que l'on appelle le "communisme municipal". "C'est d'abord la défense du service public, c'est la conviction que chacune et chacun doit avoir accès à ses droits fondamentaux, affirme-t-il. Beaucoup de maires communistes l'ont permis grâce au développement du service public. Dans tous les domaines d'ailleurs, dans celui de la santé ou celui de la culture, c'est ça le communisme municipal, c'est l'idée que personne ne doit être laissé sur le bord du chemin."

"C'est évidemment difficile dans une période où les communes ont moins de moyens qu'avant. En tout cas, le communisme municipal, c'est ça : c'est le service public."

Ian Brossat, porte-parole du PCF

à franceinfo

Autre parti bien implanté dans les territoires, le MoDem. Le mouvement centriste est lui aussi très présent dans le cadre de coalitions avec le fameux socle commun : les partis Renaissance, Horizons et la droite. Mais il tient à son ancrage. Maud Gatel, secrétaire générale du parti, met un point d'honneur à ne pas nationaliser le scrutin. "Ce qu'on porte, nous, ce sont des politiques de proximité parce que la ville, le village, c'est le levier sur lequel agir sur des questions de lutte contre l'isolement, pour faire face aux enjeux d'accès aux soins ou encore de vieillissement de la population, précise-t-elle. Ce sont des domaines sur lesquels on insiste beaucoup parce que les maires ont cette capacité à agir au plus près du terrain, et c'est ce que nous défendons dans cette campagne, avec l'ensemble de nos élus. Et j'espère qu'ils seront encore plus nombreux demain."

Premier scrutin municipal pour certains partis

Ces municipales sont une première pour d'autres partis, notamment pour de jeunes formations politiques, comme l'UDR, l'Union des droites pour la République, alliée au Rassemblement national. La secrétaire générale de l'UDR fait état de 90 têtes de listes portées par le mouvement. Une manière, estime Hanane Mansouri, de mettre en valeur cette union avec le RN et permettre une montée en puissance de leurs idées avant l'élection présidentielle. "Notre idée, c'est de dire qu'il ne faut pas juste attendre l'échéance présidentielle pour pouvoir agir et modifier le quotidien des Français dans le bon sens, mais bien via cette élection municipale", avance-t-elle.

"La ligne de conduite de l'UDR à l'échelle locale est la même que nous prônons à l'Assemblée nationale, à savoir pas d'augmentation des taxes, donc pas d'augmentation des impôts locaux, le retour de l'ordre, de la sécurité et du bien-vivre dans nos communes."

Hanane Mansouri, porte-parole de l'UDR

à franceinfo

Ce sont aussi les premières échéances municipales pour Reconquête!. Hilaire Bouyé, le porte-parole du parti d'Eric Zemmour, espère que ces élections marqueront le début d'un ancrage local pour son mouvement. "C'est notre première élection municipale et elle est très importante, affirme-t-il. On a beaucoup de candidats dans beaucoup de communes. L'objectif, c'est de remporter des petites communes, des communes moyennes, c'est de rentrer dans des conseils municipaux pour porter le message de Reconquête!, porter un message sur la sécurité, sur la propreté et sur la gestion des comptes publics partout, dans toutes ces communes. L'objectif est de montrer que Reconquête! est là dans un maximum d'endroits, avec des candidats de qualité. C'est un beau défi et une étape supplémentaire dans l'implantation du parti Reconquête! partout en France." Le parti Reconquête! est également présent dans le cadre de certaines listes de coalition avec le RN.