: Reportage "On n'a pas le marché en France" : face à la crise du bio, des producteurs de pommes se tournent vers l'export
Désormais, 30% des 24 000 tonnes de pommes bio de la variété Juliet récoltées en France sont exportées à l'étranger. Une solution indispensable pour maintenir l'activité de la filière.
Les agriculteurs bio sont de moins en moins nombreux en France. Depuis début 2025, il y a davantage de déconversions que de conversions en agriculture biologique, selon l'Agence bio. C'est une première depuis la reconnaissance du label en 1981. Le secteur subit la baisse du pouvoir d'achat. Pour survivre, certains exploitants choisissent de vendre leur production à l'étranger. A l'instar de la pomme Juliet, la seule pomme 100% française et 100% bio. Cette variété tardive est récoltée en ce moment dans le Vaucluse, à Althen-des-Paluds, près d'Avignon.
Jean-Noël Carles possède 45 hectares de pommiers bio dont une grande partie est consacrée à cette variété, la Juliet. Une pomme rouge avec des touches de jaune cultivée sans pesticide. "Elle résiste aux maladies du pommier et elle se conduit très bien en agriculture biologique", explique-t-il.
L'arboriculteur s'attend à une année correcte. "Pour la qualité, pour le sucre, pour la fermeté, on est sur une très bonne année", se réjouit-il. Pour ce qui est du volume, Jean-Noël Carles prévoit "une année normale".
"On a 30% qui partent à l'exportation"
Une fois les pommes récoltées, elles seront lavées, emballées avant d'être proposées à la vente. Certaines pommes partiront loin du Vaucluse, vers d'autres pays européens comme l'Allemagne et le Danemark, mais aussi le Brésil. "On emballe des cartons qui partent à Dubaï", ajoute Jean-Noël Carles.
Les 200 producteurs français de cette variété de pomme bio ont en effet besoin de nouveaux débouchés pour écouler les 24 000 tonnes qui seront récoltées cette année. Jean-Noël Carles est également président de l'association qui les regroupe. "70% restent en France et 30% partent à l'exportation", détaille-t-il. "On n'a pas le marché en France pour absorber toutes les quantités", déplore Jean-Noël Carles.
Dans les supermarchés français, ces pommes sont vendues entre 3,50 euros et 5 euros le kilo. Un prix plus élevé que les pommes issues de l'agriculture conventionnelle. C'est ce qui explique la baisse du marché du bio. Jean-Noël Carles vend ses pommes à la grande distribution 2 euros le kilo et ne peut pas faire moins. "Les tracteurs, tout ce qu'il faut pour produire… Tout a terriblement augmenté. On a des coûts de production qui sont très élevés", déplore-t-il. L'arboriculteur espère voir le bout du tunnel car la consommation du bio semble repartir à la hausse. Elle est en augmentation de 4% depuis le début de l'année.
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