Permis de conduire : les professionnels alertent sur la pénurie de places d'examen et demandent des mesures immédiates

Les organisations représentatives des écoles de conduite dénoncent une "situation critique" et menacent d'un "mouvement d'envergure" à la rentrée.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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1,567 million de places d’examen ont été proposées en 2024 selon les organisations représentatives des écoles de conduite. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS via AFP)
1,567 million de places d’examen ont été proposées en 2024 selon les organisations représentatives des écoles de conduite. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS via AFP)

Les professionnels de la conduite dénoncent une "pénurie dramatique" de places d'examen pour le permis de conduire, dans un communiqué consulté lundi 7 juillet par l'agence Radio France. Les organisations représentatives des écoles de conduite (Mobilans, Unidec et Unic) demandent des mesures immédiates dès cet été.

Elles dénoncent "une situation critique impactant l'ensemble des 12 700 écoles de conduite en activité sur le territoire, ainsi que des centaines de milliers de candidats". "En 2024, 1,567 million de places d'examen ont été proposées. Il en faudrait au moins 2,19 millions en 2025 pour faire face à l'augmentation du nombre de jeunes concernés, notamment en raison de la réforme abaissant l'âge du permis", soulignent-elles.

"Une perte de motivation"

Les professionnels dénoncent par ailleurs de fortes inégalités territoriales entraînant une "rupture d'égalité flagrante entre les candidats selon leur lieu de résidence". Faute de créneaux d'examens disponibles, certains élèves sont contraints de cumuler et de financer jusqu'à 37 heures de conduite ou même 60 heures dans certains départements pour se présenter une première fois à l'examen et autant en cas d'échec. 

"J'ai fait une pause d'un an, après un premier passage raté", confie Horèse, interrogée par franceinfo. Même chose pour Mona, 25 ans, qui a, elle, changé d'auto-école tant les délais sont longs Dans son ancienne agence, elle devait réserver elle-même son créneau sur RdvPermis, le site officiel de l’examen. "En moyenne, c'était trois mois entre le moment où tu te connectais sur le site et ma date, explique la jeune femme. C'était une perte de motivation à chaque fois, de se connecter, de se déconnecter, de mettre des alarmes et tout... Tout le monde n'a pas le temps". Et pour cause : sur ce site, les créneaux d’examens ne sont réservables que quelques fois par mois et partent en quelques minutes seulement.

Il n’y a jamais eu autant d’attente pour un second passage, selon Fabienne, secrétaire d’une agence depuis 10 ans. "On va aller au-delà de six mois de délai ! Il y a des auto-écoles qui ne reprennent même pas les élèves qui ont raté parce qu'ils n'ont pas de date. Et c'est vrai, il n'y a pas de date d'examen. Et la plupart des gens s'arrêtent de conduire parce qu'ils attendent leur date et finalement les résultats sont moins bons...", décrit-elle.

Vers un "mouvement d'envergure" à la rentrée ?

En plus de demander l'augmentation significative du nombre de places d'examen, les organisations professionnelles proposent des mesures afin de "fluidifier le système", d'"améliorer la réussite des candidats" en rehaussant le volume d'heures minimum avant l'examen, de revoir la grille d'évaluation, d'abaisser l'âge de l'apprentissage anticipé pour une formation plus progressive ou encore "de créer une attestation temporaire de circulation pour éviter les situations de blocage". Elles suggèrent également de renforcer les effectifs des inspecteurs ou d'élargir le recours aux examinateurs.

Les professionnels demandent à être reçus par François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre de l'Intérieur. "À défaut, les organisations professionnelles prévoient de lancer un mouvement d'envergure à Paris dès la rentrée", préviennent-elles.