Violences sexuelles dans le périscolaire : "On croit les enfants sauf quand ça dérange"

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Article rédigé par Ludovic Pauchant, Cyril Balta
Radio France

Katia Pecnik, journaliste et cofondatrice de l’association “160 000 enfants”, dénonce dans le Talk de franceinfo jeudi 12 février les obstacles rencontrés par les familles lorsqu’un enfant révèle des violences, notamment sexuelles, subies sur le temps périscolaire. Elle dénonce une mise en doute quasi systématique de leur parole.

"On les croit quand ils racontent une activité scolaire, mais quand ils disent : 'Il m’a mis la main dans la culotte', là on ne les croit plus." Katia Pecnik, journaliste et cofondatrice de l’association “160 000 enfants”, estime que la parole des enfants victimes de violences, notamment sexuelles, dans le périscolaire, souffre d’un déficit de crédibilité.

Invitée du Talk de franceinfo jeudi 12 février sur Twitch à débattre du thème des violences sexuelles dans le périscolaire, ses propos font écho à ceux du ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, qui a réagi vendredi 30 janvier aux révélations de "Cash investigation" sur les accusations de maltraitance et d'agressions sexuelles commises sur des enfants dans le périscolaire parisien.

Être entendu est parfois difficile au moment de porter plainte

Elle évoque d’abord les difficultés rencontrées par les familles au moment du dépôt de plainte.

Quand le parent et l'enfant vont porter plainte, quand ils arrivent à porter plainte, sont souvent mal reçus.

Katia Pecnik

franceinfo

L’audition de l’enfant ne serait pas toujours conduite dans les conditions requises, selon elle. En cause, parfois, un défaut de formation. Ou un défaut d'habilitation des policiers, en raison des procédures qui encadrent le recueil de la parole des mineurs lorsqu'il s'agit de violences sexuelles.

La parole des enfants n'est pas toujours jugée crédible

La journaliste, qui indique avoir consulté des procès-verbaux d’audition d’enfants, observe que leur récit est pourtant jugé cohérent lorsqu’il concerne des éléments du quotidien : "Ils disent tous la même chose sur l’activité scolaire : 'Cela s’est passé là, on a joué à ça, il y avait un gâteau, il y avait une poupée.'" Mais lorsqu’un enfant déclare avoir subi un geste à caractère sexuel, la réception, a-t-elle constaté, change. "Après, lorsqu'ils disent : 'Il m’a mis la main dans la culotte', là, on ne les croit plus."

Pour la cofondatrice de "160 000 enfants", cette différence de traitement illustre un problème plus large de reconnaissance de la parole des mineurs dans les affaires de violences sur les mineurs, sur fond d'infantisme et de défaut de formation des personnels qui la recueille.

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