"Napoléon face à la Russie, paix et guerres" par Vladimir Fédorovski
Vladimir Fédorovski est l'invité de José-Manuel Lamarque, pour son dernier ouvrage : "Napoléon face à la Russie", paix et guerres, édité chez Balland.
"Au-delà des mythes et des fictions romanesques, quelle a été l’authentique histoire de la confrontation de l’Occident et de la Russie en 1812, décrite par Tolstoi ?" Vladimir Fédorovksi a été diplomate, promoteur de la perestroïka puis porte-parole d’un des premiers partis démocratiques russes – le mouvement des réformes démocratiques. Il vient de publier chez Balland, Napoléon face à la Russie, paix et guerres. Il est l'invité de "Micro européen" pour un focus historique et géopolitique sur son ouvrage.
franceinfo : Votre livre est très dense, vous nous expliquez la Russie à travers son histoire, à commencer par Catherine II, jusqu’à Tolstoï, "Guerre et Paix". Et vous nous délivrez un message…
Vladimir Fédorovski : L'Occident face à la Russie. C'est un livre que j'ai écrit depuis 30 ans, vous imaginez bien. Cette fois-ci, c'est peut-être même plus important que ça. Je suis d'origine russo-ukrainienne. Pour moi, ce qui se passe, c'est une énorme tragédie. Et je considère qu'on vit maintenant peut-être le moment le plus dangereux de l'histoire de l'Europe, peut-être de l'histoire de l'humanité. On va comme des somnambules vers la guerre mondiale.
Mais pourquoi ce livre alors ?
Parce que le déclic, c'est une phrase de Napoléon. Il a réfléchi après son échec pourquoi il n'a pas réussi. Il nous donne des leçons à nous tous. Il a dit tout d'abord : le climat. Deuxième chose : les grands espaces russes, il utilise le mot, la géographie. "J'ai sous-estimé tout ça". Et après, il prononce une phrase qui est une leçon pour nous tous : "Je prenais mes désirs pour la réalité", j'appelle ça un vertige d'illusion. C'est un déclic pour analyser simplement la situation aujourd'hui, je suis persuadé qu'on peut apprendre de la réflexion de Napoléon, même de ses erreurs.
Mais il y a une chose qui concerne directement ce qui se passe devant nos yeux. Il a dit : "J'ai sous-estimé la logistique", tout ça m'a fait penser à analyser cette situation par rapport à aujourd'hui. Il utilisait aussi une phrase exquise Napoléon : Il ne faut jamais sous-estimer l'adversaire", c'est une nécessité pour comprendre ça. Mais il y a mon côté écrivain aussi, parce que dans ce livre, il y a des choses inattendues, sentimentales. Les rapports énigmatiques entre le tsar Alexandre Ier et Napoléon, pour raconter les choses transversales. Mais quand je suis dans le désarroi....
Nous sommes dans une tragédie !
Exactement. Mais la tragédie historique, la tragédie grecque, c'était aussi la tragédie que Napoléon a connue. Et je pense que son message qui nous vient des tripes de l'histoire, c'est éminemment important pour essayer de réfléchir sur cette actualité qui nous met dans le désarroi. Mais il y a un message aussi un peu caché.
Mais face à tout cela et avec votre livre, vous délivrez un message d'espoir…
Parfois, je suis dans le désarroi, mais je suis absolument persuadé que nous sommes maintenant dans le moment charnière. Finalement, ça ne se passe pas si bien militairement en Ukraine, et je crains que pour sauver la mise, l'Occident soit devant le choix fatidique, soit il va au charbon, il va directement là-bas, il participe. Maintenant, c'est la guerre par procuration, proxy guerre comme on dit. Mais on sera obligé peut-être d'y aller complètement. Et dans ce cas-là, nous marchons comme des somnambules vers la fin de la civilisation.
Et je voudrais arrêter ça. Pas pour nous, moi j'ai bien vécu, mais pour nos enfants, pour nos petits-enfants, j'espère que ce livre donne un petit espoir. Napoléon a réfléchi sur ça. Et après, il y avait une sorte de retour inattendu. Il y avait Balzac, Stendhal. J'utilise beaucoup Stendhal qui a accompagné Napoléon, qui se sont connus en Russie éminemment, vous savez que Stendhal et Balzac, ils sont édités en Russie plus qu'en France, puisque les tirages sont énormes.
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