Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard à l'assaut de l'Amérique : "Le film prouve que la réussite est toujours le fruit d'un collectif"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Mercredi 18 février 2026, les acteurs Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard. Ils jouent dans le film "Le Rêve américain" d'Anthony Marciano, qui sort aujourd'hui.

Article rédigé par Elodie Suigo, Étienne Presumey
Radio France
Publié
Temps de lecture : 5min
Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, invités de franceinfo le 18 février 2026. (franceinfo / Radio France)
Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, invités de franceinfo le 18 février 2026. (franceinfo / Radio France)

Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard font partie tous les deux des acteurs français qui comptent le plus dans le paysage du septième art, avec quelques points communs flagrants comme le franc-parler ou le parler vrai, l'humour et cette envie d'en découdre avec la vie autant que de redistribuer les cartes. Une chose est certaine, c'est qu'ils ont su prendre leur destin en main et accomplir leurs envies et quelques-uns de leurs rêves. L'un, Jean-Pascal, a conquis le public, d'abord par le biais de la musique, avec le groupe La cellule et puis il y a eu Cramé, African Ganster, Sans pudeur ni morale, et Tout simplement noir, qui lui a offert le César du meilleur espoir masculin. L'autre, Raphaël, s'est imposé d'abord dans des séries, comme HP, où il jouait le rôle d'un interne bipolaire, avant de décrocher le César de la meilleure révélation masculine avec le fameux Chien de la casse. Dans les deux cas, on se rend compte que rien n'a été simple et ce n'est donc pas un hasard qu'il se retrouve à l'affiche du film Le rêve américain, réalisé par Anthony Marciano. L'histoire vraie de Bouna et Jérémy, deux passionnés de basket qui tentaient de joindre les deux bouts dans leur quartier dans les années 90. Ils rêvaient de pouvoir accompagner et recruter, des joueurs en NBA.

franceinfo : Vous jouez le rôle de ces deux garçons et j'ai l'impression que ça raconte aussi vos vies. Comment avez-vous appris cette histoire ?

Raphaël Quenard : On en a entendu parler par Anthony Marciano, parce qu'il était un peu fan de basket. Il voyait toujours ces deux personnages derrière les joueurs majeurs qui sont devenus des stars, dont Victor Wembanyama, Rudy Gobert, Evan Fournier, etc. Il s'est rendu compte que c'étaient des Français qui avaient eu ce parcours incroyable en partant de rien et qui sont arrivés au sommet de leur activité, ce sont les meilleurs agents du monde. Il a commencé de s'intéresser à eux, il a découvert leur parcours et il a vu que c’étaient des gens qui étaient prêts à tout et qui n'abandonnaient rien. Ils ont tenu pendant 20 ans et le film s'étale sur 28 ans.

Ils ont toujours gardé leur ligne, ils n'ont jamais cédé à la facilité d'une séparation et c'est extraordinaire.

Raphaël Quenard

à franceinfo

Le film est une histoire d'amitié et leur réussite est collective. On découvre votre amitié qui naît dans le film et qui dépasse le film.

Jean-Pascal Zadi : Souvent, aux États-Unis, quand ils veulent promouvoir le rêve ou la réussite, ils disent "Do it yourself". Fais-le tout seul, tu vas y arriver et ce film-là, c'est tout le contraire en fait. Le film prouve que la réussite est toujours le fruit d'un collectif. D'ailleurs, c'est un film d'amitié et je trouve ça trop bien de voir une amitié masculine à l'écran où ils n'hésitent pas à être tactiles, l'un masse l'autre quand il est stressé. Évidemment que le moteur est toujours personnel, la passion, il faut que tu la trouves à l'intérieur de toi et c'est ça qui va développer cette énergie-là. Mais ça montre qu'il faut bien choisir ton conjoint, Il faut bien choisir les amis que tu as autour de toi et qu'en fait tout seul, tu n'y arriveras pas.

Quand on parle de NBA, ça fait parler aux paillettes, aux gros spectacles, et en fait, ce film a un visage humain. C'est ça qui est assez intéressant avec cet adage "Le bambou qui flanche est plus fort que le chêne qui résiste". Ça signifie tout simplement que dans un monde où on doit montrer qu'on est très fort et qu'on n'a pas de faiblesse, craquer, de temps en temps avec les bonnes personnes, c'est important aussi.

Raphaël Quenard : C'est même ce qui fait leur spécificité et ce qui fait leur attrait pour les joueurs en tant qu'agent. Comme ils restent à taille humaine, ils restent aussi vulnérables et ils ne sont pas comme les mastodontes impersonnels. Ils ont un contact spécifique avec tout le monde et ils s'investissent à un niveau qui est fou avec les joueurs.

Jean-Pascal Zadi : Je pense qu'aujourd'hui, il ne faut pas avoir peur de montrer ses failles.

Il ne faut pas avoir peur de craquer et que les mecs un peu à la Chuck Norris, à la Sylvester Stallone, on a compris que ça ne sert à rien.

Jean-Pascal Zadi

à franceinfo

Si tu as des problèmes, si tu n'es pas bien, dis-le. Montrer qui tu es vraiment, être honnête, c'est ça la vraie force.

Ce que montre aussi ce film, c'est que beaucoup ne vont pas jusqu'à essayer de tenter de toucher du doigt leur rêve parce qu'ils ont peur de l'échec.

Raphaël Quenard : Alors que c'est la meilleure façon d'apprendre. L'échec, ce n'est pas que la phrase de Mandela, soit je gagne, soit j'apprends. C'est, j'apprends de la meilleure des façons. C'est comme une petite tempête de pluie qui s'abat sur le feu de notre passion. Mais si elle ne meurt pas, elle va s'en trouver renforcée et décuplée. Ce ne sont que des façons de la renforcer et de muscler un désir profond qui est en nous de le rendre chirurgical.

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