Salaires, concurrence et filiales... Les raisons de la grève mercredi à la SNCF

Les syndicats de la SNCF appellent à une grève de 24 heures pour dénoncer les salaires et les effets de l'ouverture à la concurrence sur l'organisation du groupe. Un premier test social pour Jean Castex, récemment nommé à la tête de l'entreprise ferroviaire.

Article rédigé par franceinfo, Emmanuel Cugny
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2min
Des passagers se dirigent vers leur TGV lors d'une journée de grève à la gare de Montparnasse, à Paris. (Illustration) (Vincent Isore / MAXPPP)
Des passagers se dirigent vers leur TGV lors d'une journée de grève à la gare de Montparnasse, à Paris. (Illustration) (Vincent Isore / MAXPPP)

Les principaux syndicats de la SNCF appellent à une grève de 24 heures, mercredi 10 juin, pour dénoncer les salaires ainsi qu'une réorganisation qu'ils jugent préoccupante. Un premier test social pour l'ancien Premier ministre Jean Castex, arrivé récemment à la tête du groupe ferroviaire. Les salaires constituent le traditionnel sujet de revendication, mais prennent cette fois une dimension particulière avec les questions de pouvoir d'achat et le retour de l'inflation, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

L'autre sujet de mobilisation concerne la concurrence sur le rail. Non pas l'arrivée de nouvelles compagnies étrangères pour concurrencer la SNCF sur certaines lignes : cela est déjà acquis depuis la loi votée il y a cinq ans et a fait l'objet de mobilisations antérieures. Cette fois, les syndicats ont dans le viseur la multitude de sociétés filiales créées, ou en cours de création, par la SNCF afin de répondre aux appels d'offres des régions, qui souhaitent augmenter le nombre de trains pour mieux desservir leurs territoires tout en réduisant les coûts supportés par la collectivité.

Une équation difficile, notamment sur le plan social, car certains agents de la SNCF doivent être transférés dans ces filiales avec la promesse de conserver leurs avantages pendant 15 mois. Ce transfert soulève toutefois des interrogations, notamment sur l'organisation du temps de travail, avec des adaptations nécessaires au niveau local. Les agents de la SNCF ne veulent pas être les dindons de la farce et subir les frais de cette réorganisation.

Un baptême du feu

Il s'agit d'accueillir d'autres opérateurs de transport, une ouverture devenue obligatoire pour tous les nouveaux contrats passés par les régions depuis le 1er janvier 2024, avec transfert du personnel. Pour les syndicats, cette ouverture coûte finalement cher à la collectivité et, selon eux, ne constitue pas une véritable concurrence à proprement parler puisque la SNCF se retrouve le plus souvent opposée à une autre société publique comme RATP Dev, la filiale de la Régie autonome des transports parisiens, dans les appels d'offres lancés par les régions.

Quelles que soient les revendications, il s'agit du premier mouvement social d'ampleur auquel est confronté le successeur de Jean-Pierre Farandou à la tête de la SNCF. Un baptême du feu, en quelque sorte, pour l'ancien Premier ministre Jean Castex.

Pour ce coup de semonce, les syndicats ont choisi une date de débrayage en dehors des grands départs ou des épreuves du baccalauréat. Ils attendent, néanmoins, leur nouveau patron au tournant. Reste à voir si Jean Castex, particulièrement avare de sa parole dans les médias pour expliquer sa stratégie, bénéficiera de la même écoute de la part des syndicats de la SNCF que celle qu'il avait obtenue à la RATP, où il a su pacifier l'ambiance sociale interne.

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