La hausse du Smic place 70% des branches professionnelles sous le minimum légal

Pour suivre la hausse de l'inflation, alimentée notamment par la flambée des prix de l'énergie, le salaire minimum (Smic) augmentera de 2,4% lundi 1er juin. Une revalorisation qui risque toutefois de creuser les écarts entre les branches professionnelles, reconnaît le ministère du Travail.

Article rédigé par Emmanuel Cugny
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1min
Le Smic est le salaire minimum autorisé par la loi en France, en dessous duquel aucun salarié de plus de 18 ans ne peut être payé. (Arnaud Journois / MAXPPP)
Le Smic est le salaire minimum autorisé par la loi en France, en dessous duquel aucun salarié de plus de 18 ans ne peut être payé. (Arnaud Journois / MAXPPP)

Selon les chiffres du gouvernement, une fois la hausse du Smic entrée en vigueur lundi 1er juin, soit environ 35€ supplémentaires par mois, 70% des branches professionnelles auront une grille salariale débutant en dessous du salaire minimum. Concrètement, sur les 179 branches d'activité répertoriées par le ministère du Travail, 126 afficheront, au 1er juin, un minimum inférieur au Smic, contre seulement 30 aujourd'hui.

En France, il est interdit de rémunérer un salarié en dessous du Smic. Toutefois, dans certaines branches, où un ou plusieurs échelons de rémunération restent inférieurs au salaire minimum (notamment en fonction du nombre d'heures effectuées), les salariés peuvent voir leur rémunération stagner pendant plusieurs années, malgré leur ancienneté.

À terme, l'objectif est de généraliser le Smic dans les branches qui y dérogent, un processus qui devra passer par la négociation.

Pressions syndicales et inquiétudes patronales

La CGT parle d'un "scandale" et, plus largement, les syndicats réclament des revalorisations salariales rapides ainsi qu'une mise à niveau des rémunérations dans l'ensemble des branches professionnelles. Une demande jugée légitime par le Medef, qui représente les employeurs. L'organisation patronale considère, néanmoins, que ces négociations ne sont pas un sujet de débat puisque c'est prévu par la loi. En effet, les catégories concernées par des grilles salariales qui débutent sous le nouveau minimum légal sont tenues d'ouvrir des discussions avec les partenaires sociaux, dans un délai de 45 jours, afin de se mettre en conformité.

Cette hausse du Smic prévue lundi n'est, cependant, pas sans conséquences pour les entreprises, notamment les plus petites. L'augmentation du salaire minimum s'accompagne d'un gel des allègements de cotisations sociales. Les sociétés, au premier rang desquelles les PME et TPE, assurent que dans le contexte actuel de crise économique, elles ne pourront pas assumer une hausse simultanée des salaires et des charges sociales sans impact sur leur activité.

Selon les différentes estimations d'analystes, ce gel des allègements de charges représenterait un coût de peu plus de deux milliards d'euros, un trou d'air difficilement tenable au moment où elles doivent affronter l'impact de la guerre en Iran.

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