Édito
Pour la présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon sera visiblement "remplacé"...par Jean-Luc Mélenchon

Au soir du premier tour de la précédente présidentielle, le leader insoumis aspirait à être "remplacé", selon ses mots. Quatre ans plus tard, la France insoumise ne laisse guère de place au doute sur l'identité de son candidat en 2027. Sauf surprise, Jean-Luc Mélenchon devrait porter pour la quatrième fois les couleurs du mouvement, sans réelle concurrence interne.

Article rédigé par Renaud Dély
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3min
Jean-Luc Mélenchon, fondateur du parti de gauche français La France Insoumise (LFI), arrive au Centre culturel et communautaire de Villeurbanne (CCVA), dans le centre-est de la France, le 9 janvier 2026. (OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
Jean-Luc Mélenchon, fondateur du parti de gauche français La France Insoumise (LFI), arrive au Centre culturel et communautaire de Villeurbanne (CCVA), dans le centre-est de la France, le 9 janvier 2026. (OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)

Alors que la gauche se déchire, se divise sur l’idée d’une primaire pour trouver un candidat pour 2027, rien de tel à La France insoumise o sauf énorme surprise, Jean-Luc Mélenchon sera candidat pour la quatrième fois. Qui peut faire mieux que lui chez les insoumis ? Visiblement, personne ! "Faites mieux !" Vous vous souvenez, c’était le mot d’ordre qu’il avait lancé à ses disciples au soir du premier tour de l’élection présidentielle, le 10 avril 2022. Il venait d’échouer pour la troisième fois à se qualifier pour le tour final et aspirait à être "remplacé". Il transmettait le flambeau à cette jeune génération d’insoumis dont il est si fier de les avoir mis sur les rails. "Les plus jeunes vont me dire : “On n’y est pas encore arrivés ?” Ce n’est plus loin. Faites mieux !", lançait Jean-Luc Mélenchon ce soir-là. Il ajoutait même : "Une nouvelle page du combat s’ouvre…". Bon, quatre ans plus tard, finalement, c’est la même, avec le même nom écrit dessus.

Il n’y a aucun suspense, les insoumis ont adopté, mardi 21 avril, le mode de désignation de leur candidat. Il n’y avait qu’un texte soumis au vote, il a été approuvé… à 96,6 % ! Et, selon cette feuille de route, c’est la "coordination des espaces de La France insoumise", l’appellation un rien pompeuse que s’est donnée la direction, qui proposera un nom de candidat. Et là aussi, un seul : "Je n’en ai pas d’autre à soumettre", a reconnu mardi sur franceinfo Manuel Bompard. Et on sait déjà que ce nom sera approuvé dans l’allégresse et à l’unanimité par tous les élus LFI. "Notre méthode, c’est le consensus et il n’y aura pas de difficulté pour y parvenir", a prévenu le député Paul Vannier. Officiellement, il peut y avoir d’autres propositions de candidature, mais disons qu’il faut être sacrément intrépide, voire un tantinet suicidaire, pour se lancer…

Une opposition interne réduite au silence

Nul n’est irremplaçable, certes, sauf à LFI. Jean-Luc Mélenchon a éteint tout embryon de démocratie interne en purgeant, au fil des ans, ceux qui voulaient simplement débattre : les députés François Ruffin, Clémentine Autain, Alexis Corbière, et beaucoup d’autres… D’outrances en provocations, Jean-Luc Mélenchon a fait fuir les fortes têtes et fédéré autour de lui une escouade de fidèles.

On a souvent moqué ici, même — et encore ces tout derniers jours — les bisbilles de tous ces élus qui, à gauche comme à droite, se déchirent autour du choix de la procédure pour désigner leur champion. Mais il faut reconnaître que les divisions du PS ou le chaos du bloc central ont quelque chose de rafraîchissant, presque de rassurant, par rapport à l’ordre qui règne au sein de la maison Mélenchon, si bien tenue. Même à LFI, l’insoumission a ses limites.

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

ajouter comme source préférée (Nouvelle fenêtre)
Sur le même thème