Aux États-Unis, les agents de l'ICE seront bientôt équipés de gants électriques

L'administration Trump envisage d'équiper sa très controversée police de l’immigration d'une nouvelle arme, des gants à impulsion électrique, censés faciliter les interpellations.

Article rédigé par Loïc Pialat
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2min
Un homme encadré par des agents de ICE, Centre de détention du comté de Ventura (Californie), 27 juillet 2026 (BLAKE FAGAN / AFP)
Un homme encadré par des agents de ICE, Centre de détention du comté de Ventura (Californie), 27 juillet 2026 (BLAKE FAGAN / AFP)

Cette arme s’appelle G.L.O.V.E, un acronyme signifiant gant en anglais. Ce gant ressemble à n’importe quel autre, sauf qu’il peut envoyer une décharge de 380 volts. Contrairement au Taser, pour électrocuter un suspect, il faut toucher sa peau directement après avoir appuyé sur un bouton et la décharge qu'il envoie est quatre fois moins puissante. Quelques secondes suffisent normalement à repousser la personne touchée, qui ressent apparemment l'équivalent d'une piqûre d’abeille. Cet outil serait plutôt efficace quand un agent fait face à une personne qui résiste à son arrestation. Le fabricant, Compliant Technologies, fondé par des vétérans de l’armée américaine, recommande de ne pas l’utiliser sur des personnes âgées, des enfants, des personnes handicapées ou des femmes enceintes.

Un quota d'interpellations

L'ICE, la police de l'immigration, très bien financée par l'administration de Donald Trump, serait prête à débourser 20 millions de dollars pour en équiper ses agents. "ICE évalue constamment les besoins de ses agents sur le terrain pour arrêter et expulser en toute sécurité les immigrés clandestins", explique un porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure. L’agence pense avoir trouvé un outil de désescalade, non létal, pour gérer des situations parfois tendues lors des interventions. Deux citoyens américains ont ainsi été tués en janvier 2026, dans le Minnesota, alors qu’ils manifestaient contre les actions de ICE. Un quota de 2 000 interpellations par jour serait demandé à l’agence par la Maison Blanche, ce qui met ses agents sous pression. Il semblerait aussi que ces gants présentent un autre avantage, en matière de relations publiques : ils sont beaucoup plus discrets qu’un Taser, du gaz lacrymogène ou un pistolet, quand des passants filment une intervention avec leur téléphone, et ne laissent pas de marques.

Des policiers pas suffisamment formés

Le projet d'équiper les policiers de l'immigration fait polémique. Un élu démocrate du Mississippi a demandé au gouvernement d’abandonner son idée, estimant que sous Donald Trump, l’agence avait régulièrement enfreint la loi et abusé de la force, et qu’il y avait donc un risque à mettre ce nouvel outil dans les mains d’agents pas toujours adéquatement formés. L’A.C.L.U., une ONG défendant les libertés civiles, a fait passer à peu près le même message. D’autant que des forces de police et des agents pénitentiaires s’en servent déjà à travers le pays et que plusieurs incidents ont eu lieu. Dans le Kentucky, par exemple, où un détenu a succombé à une crise cardiaque deux semaines après avoir reçu 27 décharges avec les gants et 13 décharges avec un Taser.

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