Incendies : "Les mêmes qui ont refusé de voter les augmentations budgétaires viennent aujourd'hui dire qu'elles ne sont pas assez importantes", pointe Mathieu Lefèvre, ministre de la Transition écologique

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LE 7.40 franceinfo franceinfo
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Article rédigé par franceinfo - Édité par l'agence 6Medias
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Invité politique de "La Matinale" ce mardi 28 juillet, le ministre confirme que l'incendie dans le Sud-Ouest est bien "stabilisé" et répond aux critiques de l'opposition sur le manque de moyens dont disposent les forces de sécurité pour lutter contre les incendies.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Alexandre Peyrout : En Gironde, la lutte contre le mégafeu se poursuit, la préfecture du département fait savoir ce matin que le feu est toujours stabilisé. Est-ce que vous pouvez ce matin nous donner plus d'informations ? Quelle est la situation sur place ?

Mathieu Lefèvre : Ce que je peux vous dire c'est que la nuit a été calme, le feu est en effet stabilisé. Il y a eu plusieurs reprises de feu, mais qui ont pu être circonscrites grâce à l'action des sapeurs-pompiers et que la surface totale concernée, de 42 000 hectares, reste la même. Si vous me permettez, je voudrais avoir un mot pour l'engagement de ces femmes et ces hommes, qui est absolument incroyable face à une situation inédite et exceptionnelle, et évidemment un mot pour l'ensemble des populations sinistrées, qui vivent des drames quotidiens absolument difficiles.

Est-ce à dire que vous êtes optimiste ce matin sur l'issue ? Est-ce qu'on approche de la fin de cet incendie ?

Il est beaucoup trop tôt pour le dire, d'autant plus que, comme vous le savez, les températures vont remonter. Les départements, notamment de la Gironde et des Landes, vont passer en vigilance orange canicule dans la journée. Donc, il est beaucoup trop tôt pour le dire.

Vous craignez que la situation s'aggrave finalement aujourd'hui, qu'on rebascule dans une situation qui soit propice à la propagation de cet incendie ?

Non, tout cela est difficile à dire. Simplement, ce que je peux vous dire, c'est que les conditions de température et d'hygrométrie seront moins favorables aujourd'hui qu'elles ne l'auront été la nuit passée et la nuit précédente.

Au-delà de ces flammes, il y a aussi les fumées. Cela inquiète les habitants dans la région de Bordeaux, notamment. Est-ce qu'il y a des conseils que vous pourriez donner ce matin aux habitants qui s'inquiètent de ces fumées, dont on dit que certaines pourraient être toxiques avec les particules fines ?

Oui, il y a eu des dépassements des seuils d'alerte aux particules fines. Et dès le départ, le Premier ministre a décidé l'envoi de 2,5 millions de masques FFP2, notamment pour les populations les plus vulnérables. Ces masques ont été livrés, ils sont en pharmacie pour les populations les plus vulnérables. Il faut ensuite évidemment suivre les consignes de l'Agence régionale de santé, qui conseillent notamment de limiter les déplacements, qui conseillent de rester chez soi quand on le peut, et évidemment d'éviter tout type d'aération difficile pour les intérieurs. Il faut respecter les consignes de l'Agence régionale de santé.

Emmanuel Macron était sur place hier en Gironde, il a dit que l'heure n'était pas à la polémique. Malgré tout, il y a quand même des questions qui se posent, notamment sur la question des moyens. Il y a une question qui revient beaucoup : est-ce que la France est assez armée pour faire face à de tels incendies aujourd'hui ?

Je trouve que ces polémiques sont indécentes au moment où des femmes et des hommes risquent leur vie pour défendre la nôtre.

Ce sont les pompiers eux-mêmes qui amènent ces questions…

J'ai entendu, notamment, le Rassemblement National, la France Insoumise, Madame Tondelier, dire que le gouvernement était "des pyromanes", alors que le gouvernement est au soutien de toutes ces femmes et ces hommes engagés pour lutter contre les feux.

Mais est-ce que vous comprenez les pompiers quand ils disent : "Nous, on n'a pas assez de moyens pour lutter" ?

Sur les moyens, je rappelle qu'avant Emmanuel Macron, 15 ans avant, il n'y avait aucune commande de Canadair, aucune commande de Dash. Ce sont des avions qui permettent de lancer de l'eau ou du retardant. Je rappelle que le budget de la Sécurité Civile a quasiment doublé, passant de 450 millions d'euros à 800 millions d'euros entre 2016 et aujourd'hui. Je rappelle également que les budgets des SDIS, des moyens capacitaires, ont augmenté de plus d'un milliard 300 millions d'euros ces dernières années. Il y a eu 51 colonnes de sapeurs-pompiers, qui d'ailleurs sont mobilisées aujourd'hui pour ces feux, qui ont été créées grâce à l'action d'Emmanuel Macron. Vous savez, en général, ce sont les mêmes qui ont refusé de voter ces augmentations budgétaires qui viennent aujourd'hui dire qu'elles ne sont pas assez importantes. Tout ça n'est pas sérieux, tout ça n'est pas à la hauteur.

On entend votre défense ce matin et la défense du gouvernement, mais quand on a les pompiers eux-mêmes qui disent qu'on manque de moyens aériens, est-ce que malgré tout, quand on est, comme vous, aux responsabilités, on ne se dit pas : "On a peut-être fait des choix budgétaires qui, au final, ne se sont pas avérés les bons" ?

95% de l'action sur ce type de feu se déroule au sol, et les moyens terrestres également…

Mais l'appui aérien est très important.

C'est évidemment très important. Mais regardez, par exemple, on a déployé une capacité nouvelle avec l'A400M. C'était une volonté du Premier ministre. Ça a été fait, ça a abouti dans les jours précédents. On a aujourd'hui 67 vecteurs aériens. Le mécanisme de protection civile européenne, qui nous permet d'avoir l'appui, et je les remercie, de nos voisins européens, c'est la France qui l'a lancé au niveau européen. Je rappelle par ailleurs que les extrêmes, que ce soit l'extrême gauche ou l'extrême droite, ne l'ont pas voté au Parlement européen. Donc, dès 2017, la France s'est mise en ordre de marche pour faire face à ces situations exceptionnelles. Évidemment, il faut réfléchir à la suite, réfléchir à l'adaptation de notre modèle de sécurité civile. Bien sûr, mais je ne peux pas laisser dire, et je trouve que c'est indécent de le faire dans la période, que les moyens ne seraient pas au rendez-vous.

Hier, sur notre plateau, sur franceinfo, on avait un pompier qui nous disait : "Si demain il y a un autre incendie d'ampleur qui se déclenche ailleurs en France, ça va être très compliqué de faire face." Est-ce que vous, aux responsabilités, ça vous inquiète ?

Ce qui est certain, c'est qu'avec le dérèglement climatique, la saison des feux de forêt est à la fois plus précoce, plus intense et plus étendue. Elle va évidemment durer cette année, comme les autres années, encore tout le mois d'août et tout le mois de septembre, et donc ça fait peser une charge très importante sur l'ensemble des forces de sécurité civile et des forces de sécurité intérieure. Mais à aucun moment, comme l'a rappelé le ministre de l'Intérieur, un arbitrage a dû être fait pour des questions de moyens dans la saison.

Ce n'est pas dans la saison, mais ça a été le cas auparavant, en 2024, notamment...

La difficulté à laquelle nous faisons face, c'est que des feux qui étaient inenvisageables il y a quelques années encore, notamment au-dessus de la Loire, deviennent désormais possibles comme on l'a vu tragiquement en Seine-et-Marne.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.

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