"C'est notre héritage" : les bains islandais inscrits au patrimoine immatériel de l'UNESCO

Publié Mis à jour
JT de 13h du Samedi 12 septembre 2026 France 2
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Article rédigé par France 2 - M. Septembre, P. Aubert, C. Madini - Édité par l'agence 6Medias
France Télévisions

Samedi 12 septembre, le journal de 13Heures se rend en Islande où un rituel rythme le quotidien des habitants, celui de la baignade en plein air dans des bassins naturellement chauffés. Un art de vivre qui va au-delà de la simple recherche de bien-être.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


De toutes les richesses offertes par la nature islandaise, les sources d’eau chaude qui jaillissent naturellement du sol comptent certainement parmi les plus époustouflantes. Des simples bassins sauvages aux luxueux lagons, ce sont des attractions incontournables pour les touristes, même sous la pluie et par 5 degrés dehors. "C’est notre premier bain islandais, mais on en a repéré deux autres. C’est encore plus magique avec la pluie", partage une touriste.

Reconnu par l’UNESCO

Un patrimoine à préserver, désormais reconnu par l’UNESCO. Car en Islande, les bains, souvent dans des piscines publiques, sont une routine presque quotidienne. Parfois pour nager, mais surtout pour se rencontrer, comme pour des Islandaises. "On sait qu’on va toujours rencontrer des amis et qu’on va passer un bon moment. Nos ancêtres faisaient déjà ça. C’est notre héritage", explique l’une d’entre elles. "Nous, les Islandais, on ne parle jamais aux inconnus, en règle générale. Mais à la piscine, c’est le contraire. On parle à tout le monde", ajoute une autre.

Pour savoir d’où vient cette tradition, France Télévisions a fait appel à un expert, un historien adepte de la baignade à l’islandaise, entre amis ou comme ce jour-là avec sa fille. "À partir de 1891, les Islandais ont commencé à pêcher en mer sur des petits bateaux, mais aucun ne savait nager. Et il y a eu énormément de noyades. Chaque famille islandaise a un ancêtre dans ce cas. Alors à l’origine, les piscines étaient une nécessité. Le pays en a construit un peu partout, pour que chaque Islandais apprenne à nager. C’était une question de survie", explique Valdimar Tryggvi Hafstein, professeur de folklore et d’ethnologie à l’université d’Islande.

"On est sur un marché avec de la concurrence"

Aujourd’hui, l’Islande compte près de 150 piscines naturellement chaudes, l’équivalent d’un bassin pour 2 600 habitants. Et parce que les touristes sont aussi de plus en plus nombreux à vouloir goûter à cette tradition, version haut de gamme, le pays compte désormais une dizaine de lagons, des bassins artificiels luxueux.

L’un d’entre eux est le dernier en date, ouvert en octobre 2025, et pour se démarquer, il mise sur une intégration dans la nature environnante. "On est sur un marché avec de la concurrence. C’est plutôt sain, mais c’est assez nouveau qu’il y ait autant de lagons dans le pays", indique Bryndís Björnsdóttir, directrice du Laugarás Lagoon. En dix mois, près de 100 000 visiteurs sont déjà venus se prélasser dans ces eaux chaudes.

Les bains islandais sont en partie responsables du surtourisme dans le pays. Mais les habitants espèrent que leur inscription au patrimoine immatériel de l’UNESCO aidera les touristes à devenir plus respectueux de leurs traditions.

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