"Inquiétude", "scandaleux", "trop proche d'Emmanuel Macron"... À l'Assemblée, Richard Ferrand ne fait pas l'unanimité comme candidat à la tête du Conseil constitutionnel

Emmanuel Macron a désigné l'un de ses proches comme candidat de l'Elysée pour diriger le Conseil constitutionnel. Un choix très contesté parmi les députés de gauche.

Article rédigé par franceinfo - Laurence Méride
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L'ancien président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, le 25 mars 2023. (VINCENT ISORE / MAXPPP)
L'ancien président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, le 25 mars 2023. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Richard Ferrand est le candidat proposé par Emmanuel Macron pour prendre la tête du Conseil constitutionnel, et ainsi succéder à Laurent Fabius. Richard Ferrand est un vieux compagnon de route d'Emmanuel Macron, un des premiers à l'avoir rejoint. Si l'ancien président de l'Assemblée nationale fait figure de favori, il doit encore passer l'épreuve du Parlement, alors que son nom ne fait pas l'unanimité parmi les députés.

Le candidat Richard Ferrand n'est pas du tout du goût de la gauche. À l'instar de La France insoumise qui s'y oppose farouchement. "Je trouve que c'est un peu scandaleux, dénonce le député Antoine Léaument, député LFI de l'Essonne. Richard Ferrand, c'est celui qui avait proposé qu'Emmanuel Macron puisse faire un troisième mandat. J'ai une inquiétude sur la volonté d'Emmanuel Macron de quitter le pouvoir, et comme c'est le Conseil constitutionnel qui pourrait potentiellement décider" de son avenir.

Le socialiste Jérôme Guedj va plus loin. Le député de l'Essonne demande de rompre avec la tradition républicaine, que les présidents cessent de désigner des candidats appartenant à leur famille politique.

"Pour rendre incontestable le Conseil constitutionnel, il ne doit jamais être suspecté d'être partisan"

Jérôme Guedj

à franceinfo

D'autant plus, insiste l'élu PS, si l'extrême droite arrive au pouvoir. "Il y a un risque demain que Marine Le Pen soit présidente de la République. Elle a annoncé qu'elle organiserait immédiatement après son élection un référendum pour réformer la politique d'immigration et la Constitution. Je n'ai pas envie, à ce moment-là, d'avoir un affrontement avec un Conseil constitutionnel" qu'elle pourra dénoncer en arguant qu'il est contre elle car nommé par son prédécesseur. "Épargnons-nous ce risque, il y a assez de talents parmi les juristes de ce pays", conclut Jérôme Guedj.

Son avis s'inscrit dans la lignée de la proposition de loi déposée vendredi par le groupe communiste, qui vise à renforcer l'indépendance de la juridiction de la rue de Montpensier. Une impartialité défendue également par le Rassemblement national.

Des soutiens à droite et dans le camp macroniste

Le député EPR du Val-de-Marne, Guillaume Gouffier Valente, valide à 100% le choix du chef de l'Etat. "J'ai entendu dire que certains disaient qu'il était trop proche" d'Emmanuel Macron, avance-t-il : "Effectivement, il y a un compagnonnage entre Richard Ferrand et le président de la République."

"Je peux attester que c'est aussi l'un des rares qui lui dit les choses franchement et de manière directe."

Guillaume Gouffier Valente

à franceinfo

Le candidat d'Emmanuel Macron sera auditionné le 19 février par les commissions des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat. Elles peuvent empêcher sa nomination par un vote à la majorité des trois cinquièmes. Scénario peu probable au regard des équilibres politiques des deux commissions.