Inéligibilité de Marine Le Pen : au RN, certains cadres reconnaissent que l'idée de changer la loi est tentante

Tandis que leur cheffe de file est condamnée à une peine d'inéligibilité de cinq ans, les cadres du parti appellent à une dissolution de l'Assemblée nationale. Une stratégie qui pourrait permettre de modifier certains textes.

Article rédigé par Pierrick Bonno
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2min
Marine Le Pen, le 6 avril 2025 à Paris. (JULIEN DE ROSA / AFP)
Marine Le Pen, le 6 avril 2025 à Paris. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Une idée répétée en boucle. Invitée de TF1, jeudi 11 septembre, la patronne des députés du Rassemblement national, Marine Le Pen, appelle toujours Emmanuel Macron à la dissolution. Et si cet empressement à vouloir reconvoquer les Français aux urnes ne poursuivait qu'un but : permettre à Marine Le Pen de pouvoir se présenter en 2027 ?  Marine Le Pen sera jugée en appel du 13 janvier au 12 février 2026 dans l'affaire des assistants parlementaires européens du FN. Le 31 mars, le tribunal correctionnel de Paris a condamné la cheffe des députés du Rassemblement national à quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme, 100.000 euros d'amende et, surtout, une peine d'inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate.

Dans le bloc central, on en est persuadé de la stratégie du Rassemblement national. Et d'ailleurs, certains cadres du RN reconnaissent, eux-mêmes, que le parti, s'il accède au pouvoir, prévoit de changer la loi pour permettre à leur patronne d'être à nouveau éligible. Le vice-président du parti Sébastien Chenu confirme même sur France Inter, mardi, que le RN y réfléchit bien. "Mais bien sûr ! Mais vous savez, on ne se cache pas derrière notre petit doigt : on corrigera parce que cette loi, elle sera valable aussi pour les autres", assure-t-il.

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D'ailleurs, il suffirait au RN, s'il arrive au pouvoir, de remettre à l'ordre du jour un texte déjà rédigé par son allié Éric Ciotti, au printemps. Une fois cette loi votée, Marine Le Pen pourrait à nouveau être élue, mais l'intéressée dément toutefois vigoureusement tout projet législatif en sa faveur. "C'est une élucubration", tranchait-elle encore il y a peu.

"On a bien d'autres urgences"

Pourtant, Marine Le Pen a fini par reconnaître sur TF1 que le RN espère bien modifier la loi, mais pas tout de suite. "L'exécution provisoire est un moyen en réalité d'éviter à quelqu'un de se présenter alors même qu'il n'est pas jugé de manière définitive. Ça devrait être modifié, mais croyez-moi, on a bien d'autres urgences en ce temps", a-t-elle expliqué au JT de 20h de la Une.

Décryptage de sa garde rapprochée : "Ce ne sera pas dans notre programme en cas de dissolution". Certains élus du parti y pensent pourtant très fort.