François de Rugy a effectué plus de 63 000 euros de travaux dans son appartement de fonction avec des fonds publics, révèle Mediapart
Parmi les rénovations, un "long dressing traversant le couloir, de la cuisine à la chambre" a été réalisé, pour près de 17 000 euros.
Après les révélations sur ses dîners fastueux et le HLM inhabité de sa directrice de cabinet, François de Rugy est cette fois épinglé pour les coûteuses rénovations de son appartement de fonction. Dans un article publié jeudi 11 juillet, Mediapart révèle que le ministre de la Transition écologique a fait réaliser plus de 63 000 euros de travaux "entre fin 2018 et début 2019" dans l'appartement qu'il occupe au ministère avec son épouse, Séverine Servat-de Rugy.
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Ce logement, situé dans l'hôtel de Roquelaure, dans le 7e arrondissement de Paris, a fait l'objet d'importants travaux : "refaire la peinture (pour un montant de 35 390 euros), les moquettes et les parquets (4 639 euros), les salles de bains (6 057 euros)", énumère Mediapart. Le site d'information pointe également l'aménagement d'un "long dressing traversant le couloir, de la cuisine à la chambre, construit de toutes pièces" pour un coût de 16 996 euros.
Des travaux "de confort"
D'après les informations de Mediapart, il s'agissait pourtant de travaux "de confort". Selon Jean-Louis Bertrand, le dirigeant de l'une des sociétés recalées pour les peintures, contacté par le site, l'appartement était dans un état "très correct", "pas décati". "Ce n'est pas comme si les murs étaient lépreux et qu'il y avait des fissures partout, on aurait pu y habiter encore, avec confort. Les peintures n'étaient pas neuves, mais ce n'était pas à rougir", précise-t-il. Pour l'artisan, "on n'était pas dans une nécessité" mais "plutôt du confort".
François de Rugy s'est justifié dans une réponse écrite envoyée à Mediapart lundi soir, dont il a publié "l'intégralité" du contenu sur son compte Facebook dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juillet. Son cabinet invoque "la nécessité" de ces travaux de rénovation, les derniers ayant été réalisés "il y a seize ans". "Les travaux effectués fin 2018 ne portaient aucunement sur des éléments ayant d’ores et déjà été rénovés il y a seize ans, mais sur des pièces plus anciennes", ajoute-t-il. "Différents types de travaux ont ainsi été réalisés fin 2018 : des travaux de gros entretien (peintures et sols) et des travaux d'aménagement (des placards, une paroi de baignoire, un flexible de douche, une barre de douche, des joints de salle de bain, une porte de douche)", détaille le ministre sur Facebook.
Des entreprises parmi les plus coûteuses
Autre point problématique : "ce ne sont pas les prestataires les moins onéreux qui ont été choisis pour les réaliser", précise Mediapart. Pour les travaux de menuiserie, c'est ainsi "le plus coûteux des quatre candidats qui a été retenu : ERI, plus de deux fois plus cher que la meilleure offre proposée, celle de Prymat".
"Pour refaire les peintures, le ministère a fait appel à la société Lamos, qui, même si elle ne proposait pas les prix les plus élevés, affichait tout de même une facture (hors taxes) 8 238 euros supérieure à celle de l'entreprise Deshaies", indique également le site d'information. "Enfin, pour rénover les salles d'eau, la société La Louisiane a emporté le morceau, alors même qu'elle proposait un tarif plus de deux fois plus cher que celui de Prymat", poursuit Mediapart.
Dans son communiqué, le cabinet de François de Rugy justifie ces décisions : "Le choix des entreprises pour la réalisation de ces travaux a été fait par les services du ministère, qui ont privilégié les prestataires avec lesquels des marchés publics ont été passés et qui présentaient toutes les garanties et références nécessaires en matière de rénovation de bâtiments anciens."
Contactée par Mediapart, Séverine Servat-de Rugy "déplore" ce choix de prestataires. "Mais le ministère doit vérifier que toutes les entreprises embauchent des gens en CDI et il y a des normes. C'est la légalité, c'est normal", ajoute-t-elle.
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