Jean-Philippe Tanguy accusé d'avoir utilisé un slogan nazi : "Une formulation maladroite", estime Aleksandar Nikolic, porte-parole du RN.

Publié
Avant le 20h du Mercredi 23 septembre 2026 franceinfo
Liste des vidéos similaires

Article rédigé par franceinfo - - Édité par l'agence 6Medias
France Télévisions

Richard Ramos, député MoDem du Loiret et Aleksandar Nikolic, députée européen et porte-parole du Rassemblement National, étaient les invités du Duel sur franceinfo, mercredi 23 septembre. Ils ont débattu sur la formule polémique "le travail rend libre" prononcé par le député RN Jean-Philippe Tanguy et sur la main tendue du Premier ministre Sébastien Lecornu aux socialistes.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Perrine Storme : Alors d'abord, on va revenir sur une vidéo qui a été très relayée, très commentée sur les réseaux sociaux ces dernières heures. Jean-Philippe Tanguy a-t-il volontairement repris un slogan nazi lors de son discours à Vierzon ce week-end ? "Le travail rend libre", c'est le slogan qui figurait en allemand à l'entrée des camps de concentration des nazis, notamment effectivement à Auschwitz. Est-ce que vous êtes à l'aise avec les mots qu'il a employés ?

Aleksandar Nikolic : Non, mais c'est une formulation, il l'a lui-même reconnu, qui est maladroite justement par rapport à ça.

Perrine Storme : Il a dit qu'elle était maladroite, la formulation ?

Aleksandar Nikolic : Oui, il a dit qu'il regrettait l'instrumentalisation qui avait été faite. Il s'excuse par rapport à toutes les personnes qui auraient pu penser, mais c'est absurde que ça aurait été…

Perrine Storme : Mais il ne s'est pas excusé sur ses propos, il n'est pas revenu sur la formule qu'il a utilisée ?

Aleksandar Nikolic : Non, mais si, il dit que justement, il s'excuse par rapport aux personnes que ça a pu heurter, je crois que ce sont ses mots exacts.

Perrine Storme : Il dit : "Si ça a pu heurter des gens, je m'en excuse", mais il ne comprend pas les critiques, et lui, il estime que ce n'est pas du tout une référence.

Aleksandar Nikolic : Vous savez, Gabriel Attal vient de sortir un tract, "L'école, mon combat". "Mon combat", ça se dit "Mein Kampf" en allemand. Est-ce que quelqu'un fait… Est-ce que là, les médias sont en train de parler de savoir… Est-ce que Gabriel Attal a peut-être fait une référence à Mein Kampf ? Non, mais soyons sérieux, deux minutes.

Perrine Storme : Il y a une connotation politique qu'un responsable de son niveau ne peut pas ignorer quand on emploie ces mots-là.

Aleksandar Nikolic : Vous avez bien passé le passage, je ne sais pas si vous avez vu l'ensemble, il explique justement, et d'ailleurs, ça devrait être le sujet de fond. Est-ce que le travail aujourd'hui et le salaire qu'on peut avoir d'avoir la liberté de s'acheter un logement, de payer aujourd'hui, de louer un logement, pardon, de pouvoir s'émanciper par le travail, et notamment pour les actifs ? Ça, c'est un vrai sujet.

Perrine Storme : Est-ce que cette mise en contexte, Richard Ramos, justifie l'emploi de cette formule ?

Richard Ramos : Non, ça ne justifie pas, mais moi, je vais vous dire, je connais Jean-Philippe Tanguy, je le combats, je le combats durement, mais je ne crois pas du tout qu'il ait utilisé ce propos en référence au camp nazi. Pas du tout. Je le combats durement, mais il faut être honnête, je ne le vois absolument pas. Il y en a certains autres, vraiment, où je pourrais le dire, notamment sur l'OAS, tout ça. Mais Jean-Philippe Tanguy, vraiment pas. Voilà, je le dis très, très clairement, je pense qu'il faut qu'il s'excuse davantage. Il a oublié que la saison du melon se termine, et comme il est brillant, il a pris un peu le melon. Donc il peut faire tout simplement en disant qu'il regrette, ce qui, a priori, il n'a pas fait.

Perrine Storme : Non, voilà, il ne l'a pas fait. Il regrette s'il a blessé des familles.

Richard Ramos : Je le croise depuis des années au Parlement. Je ne l'ai jamais vu avoir des propos dans ce sens-là, donc je crois que ses propos sont très malhabiles, mais que ce n'est absolument pas une polémique qu'on peut créer sur quelque chose qui, je crois, franchement, si c'était le cas, j'en profiterais, mais je le crois en toute sincérité que ça n'existe pas.

Perrine Storme : Vous savez, vous, qu'un responsable politique de son rang, encore une fois, utilise...

Richard Ramos : Madame Tondelier, elle ne connaissait pas Balladur.

Perrine Storme : Attendez, attendez, "le travail rend libre" ! Si Jean-Philippe Tanguy n'a pas la référence du "travail rend libre", c'est peut-être inquiétant aussi, non ?

Richard Ramos : Ça, c'est ce que je dis, ça peut être un peu inquiétant, mais… C'est pris dans un contexte d'un meeting auquel il nous tape dessus régulièrement et que la valeur travail, qui est une valeur de droite, qu'il essaie de reprendre dans son meeting, il l'apprend. Vraiment, autant, j'ai trouvé que de temps en temps, Jean-Philippe Tanguy, au début de sa mandature (parce que Jean-Philippe Tanguy, il vient des souverainistes de chez Dupont-Aignan), j'ai trouvé qu'avant, il ne me parlait jamais d'immigration quand il était député. Maintenant, il en parle tout le temps. Là, je trouve qu'il y a une dérive chez lui intellectuelle. Mais lui dire que c'est une référence au camp nazi… C'est honnêtement, moi qui le connais un peu, même si je le combats, je ne le crois absolument pas.

Retrouvez l'intégralité de cette interview en cliquant sur la vidéo en tête d'article

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

Sur le même thème