Reportage "Les camions ne marchent pas à l'eau" : aux États-Unis, la flambée du diesel pèse sur les petites entreprises

En Virginie, George Harrington dirige une petite société de déménagement. Face à la hausse des prix, il estime sa perte de chiffre d’affaires à près de 10%.

Article rédigé par Franck Mathevon
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1min
Une station-service Exxon à Austin, au Texas, le 10 juillet 2026. (BRANDON BELL / GETTY IMAGES VIA AFP)
Une station-service Exxon à Austin, au Texas, le 10 juillet 2026. (BRANDON BELL / GETTY IMAGES VIA AFP)

Le prix du carburant flambe en France, mais aussi aux Etats-Unis. Le diesel a atteint un nouveau record outre-Atlantique, à 6,27 dollars le gallon, soit un peu moins de quatre litres. Une hausse qui pèse directement sur les petites entreprises, à l'image de la société de déménagement de George Harrington, en Virginie.

Enfant, George Harrington a vécu en France, grâce à un père militaire. "Je m'excuse pour mon accent, mais après deux verres de bon vin, ça s'améliore", lance-t-il en riant. Agé de 73 ans, il travaille depuis cinquante ans à IMS, une petite société de déménagement qu'il dirige aujourd'hui. Elle compte douze employés permanents et sept camions. "Les camions ne marchent pas à l'eau. Il faut faire le plein, on n'a pas le choix.", explique-t-il.

Comme tous les professionnels du secteur, George Harrington n'a jamais vu le prix du diesel aussi haut. Il évalue la baisse de son chiffre d'affaires à près de 10%. "Par exemple, l'année dernière, c'était 1,50 dollar de moins que maintenant. Donc, si nous avons signé un contrat, il faut rattraper l'argent quelque part. Donc il faut travailler un peu plus", dit-il.

George Harrington, directeur d'une entreprise de déménagement en Virginie, aux Etats-Unis, en septembre 2026. (FRANCK MATHEVON / RADIO FRANCE)
George Harrington, directeur d'une entreprise de déménagement en Virginie, aux Etats-Unis, en septembre 2026. (FRANCK MATHEVON / RADIO FRANCE)

"Une grande partie de notre budget"

La société a ses astuces pour tenter de limiter la facture : trouver, par exemple, les stations-service les moins chères au gallon, l'unité américaine. Quitte à parcourir plusieurs dizaines de kilomètres, parfois jusqu'à Baltimore. "Quand le camion est à Baltimore, il fait le plein. Vous savez, les gros camions, on n'a pas beaucoup de kilomètres par gallon. C'est une grande partie de notre budget."

George Harrington sait bien que l'administration Trump a une grande part de responsabilité dans la flambée des prix du carburant, en raison du conflit avec l'Iran. "La guerre ? Je suis contre, et pour plusieurs raisons, assume-t-il. On ne veut pas que des innocents souffrent. Et pour nous, c'est le prix de l'essence. Tout le monde se plaint du prix. Même les 'Trumpers' se plaignent des prix. Est-ce que ça va changer en novembre ? On ne sait pas."

Car cette hausse des prix de l'essence pourrait aussi peser sur les élections de mi-mandat, en novembre. George Harrington se définit comme indépendant. Il assure ne pas avoir encore arrêté son vote, mais admet que beaucoup d'arguments pèsent désormais en faveur de l'opposition démocrate.

Aux États-Unis, la flambée du diesel pèse sur les petites entreprises. Reportage de Franck Mathevon

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