"Des grands brûlés dans des pièces à 38 degrés" : à Gaza, la pénurie d'huile de moteur menace le fonctionnement des hôpitaux

L'huile de moteur, essentielle pour l'utilisation de générateurs électriques, manque et réduit de nombreux Palestiniens à de nouvelles restrictions. Un chef de mission chez Médecins sans Frontières dénonce une politique d'usure d'Israël, visible "depuis le début de la guerre".

Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié
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Médecins et patients à l'hôpital Nasser à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza en juin 2026. (BASHAR TALEB / AFP)
Médecins et patients à l'hôpital Nasser à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza en juin 2026. (BASHAR TALEB / AFP)

Dans la bande de Gaza, des milliers de personnes pourraient mourir si les autorités israéliennes ne lèvent pas leurs restrictions, alerte l'ONG française Médecins sans Frontières (MSF). Depuis l'annonce fin juillet de la feuille de route américaine prévoyant un retrait israélien et le désarmement du Hamas, plan accepté par le mouvement mais rejeté par Israël, rien n'a changé pour les deux millions d'habitants de l'enclave. Et pendant le mois d'août, la pénurie d'huile de moteur et de pièces détachées menace gravement le bon fonctionnement des hôpitaux.

Dans la bande de Gaza, privée d'électricité, les hôpitaux dépendent de générateurs électriques. Or, sans huile de moteur ou pièces de rechange, ils finissent par tomber en panne. "Aujourd'hui, c'est la dignité même des Palestiniens qui est en jeu", affirme Philippe Ribeiro, chef de mission MSF en Palestine. Depuis Amman, en Jordanie, ce dernier coordonne le travail de 1 500 employés, contraints à des choix impossibles. Il y observe une "situation de presque rupture" et donne l'exemple des coupures d'air conditionné auprès des grands brûlés qui se retrouvent "dans une pièce où il fait entre 35 et 38 degrés", souligne l'humanitaire.

"C'est un système extrêmement bien huilé qui organise la pénurie."

Philippe Ribeiro, chef de mission Médecins sans Frontières en Palestine.

à franceinfo

Les unités de dessalement sont également mises à l'épreuve tandis que l'eau manque cruellement : "La population bénéficie d'à peu près six litres d'eau potable par jour et par personne, pour boire, pour cuisiner… Ça correspond à une chasse d'eau", explique Philippe Ribeiro.

Cette situation, selon le chef de mission à Médecins sans Frontières, est la conséquence d'une politique d'usure délibérée de la part d'Israël que "l'on voit depuis le début de la guerre". Israël, poursuit le responsable, réduit les Palestiniens de l'enclave à des conditions où la vie devient insupportable. Cette population de deux millions d'habitants, qui manque déjà de tout, est désormais contrainte de vivre sur un espace de 110 km2, soit un tiers de la bande de Gaza.

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