: Reportage "Nous ne sommes pas informés par notre gouvernement" : en Israël, les familles d'otages tenues à distance des négociations avec le Hamas
Le gouvernement israélien et les représentants du Hamas doivent finaliser, lundi, l'accord qui permettra de mettre en œuvre le plan de paix de Donald Trump.
La libération des otages et le cessez-le-feu sont-ils vraiment "à portée de main", comme l'estime Emmanuel Macron ? Lundi 6 octobre, à Charm el-Cheikh en Egypte, doivent commencer les pourparlers pour mettre fin à la guerre à Gaza. Donald Trump appelle les négociateurs à avancer rapidement sur son plan de paix. Il souhaite de premiers résultats dès cette semaine.
Les représentants du Hamas et du gouvernement israélien avec les médiateurs américains doivent d'abord finaliser l'accord qui permettra la libération de tous les otages encore aux mains du mouvement islamiste et le retour des dépouilles de ceux qui sont morts ainsi que la libération de prisonniers palestiniens. En Israël, les familles des otages tentent tant bien que mal d'obtenir des informations.
Les proches des otages en sont convaincus, même si l'un d'eux, Udi Goren n'est guère impressionné par les délégations : "Ceux qui représentent le Hamas sont aussi ceux qui ont assassiné et kidnappé mon cousin. Les gens qui représentent Israël sont ceux-là même qui ont prolongé la guerre pendant deux ans. Et les médiateurs ont eux, permis la poursuite de cette guerre pendant deux ans."
"On sent que ce n'est pas comme les fois précédentes"
Mais l'important, c'est d'avoir un accord, estime Michel Illouz. Il attend de récupérer la dépouille de son fils : "Nous avons un grand espoir que cette fois-ci, on ait un accord qui mette un terme à cette guerre. On prie pour cela. Ce n'est pas la question de savoir si c'est un bon ou un mauvais accord. La question, c'est qu'assez, c'est assez."
Il avoue toutefois être dans le flou : "Nous ne sommes pas informés par notre gouvernement. Nous nous informons par les médias." Udi Goren, confirme : "Malheureusement, je n'ai pas plus d'informations que vous. Certains d'entre nous sont en contact avec les négociateurs. Ils ont bâti un réseau au fil du temps. Nous partageons des informations entre nous. Mais en fait, personne au gouvernement ne nous tient au courant."
D'autres préfèrent ne pas tenter d'en savoir trop, comme Efrat, dont le fils est captif depuis 730 jours. Elle se protège, nous dit-elle, par peur d'être déçue. Efrat a un officier de liaison. Elle a reçu un appel samedi soir, la prévenant que des négociations se préparaient : "Ils ne sont pas entrés dans les détails. Ils ont dit en gros qu'ils étaient optimistes, mais qu'ils restent prudents. On sent que ce n'est pas comme les fois précédentes. Il y a quelque chose de différent. Il y a la sensation que quelque chose va se passer. Mais notre cœur bat à 200 à l'heure." Quelque chose va se passer, mais quoi et quand ? La question hante toutes les familles d'otages.
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