Reportage "Il continue de parler du Groenland comme d’un objet" : les habitants de l'île doutent des propos de Donald Trump

Le président américain qui convoite l'immense territoire arctique a changé de stratégie mercredi soir, en assurant avoir trouvé un projet d'accord après avoir discuté avec le chef de l'Otan.

Article rédigé par franceinfo - Ottilia Ferey
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2min
Des Groenlandais à Nuuk, la capitale, le 21 janvier 2026. (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)
Des Groenlandais à Nuuk, la capitale, le 21 janvier 2026. (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

Entre fortes inquiétudes et semi-soulagement. Les Groenlandais sont ballottés au gré des déclarations de Donald Trump. Le président américain a affirmé, mercredi 21 janvier, avoir conçu "le cadre d'un futur accord" sur le Groenland avec le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte.

Plus tôt, lors de son discours depuis le forum économique de Davos, en Suisse, il avait insisté sur sa volonté d'acquérir "cet immense bloc de glace". À l'issue de cette journée d'ascenseurs émotionnels, les habitants de l’île arctique ont quelque peu la tête qui tourne.

L'angoisse toujours palpable

La journée de mercredi a commencé les larmes aux yeux pour Mia Chemnitz au moment où Donald Trump a pris la parole au forum de Davos. "Je ne connais personne au Groenland qui ne ressente pas une certaine angoisse en ce moment. On se prépare tous à une possible invasion américaine", redoute la Groenlandaise.

"L'angoisse que cela provoque, du moins chez moi, me fait réagir à la moindre déneigeuse comme si j'étais envahie... Et je me dis alors : 'Où est mon arme ?'"

Mia Chemnitz, habitante du Groenland

à franceinfo

Le président américain a déclaré qu’il ne souhaitait pas user de la force au Groenland, mais Avaaraq Olsen, la maire de Nuuk, la capitale, reste "très préoccupée par la manière dont il continue de parler du Groenland comme d’un objet qu’il pourrait acheter ou convoiter. Donc, même si je me suis sentie soulagée, j’ai encore des inquiétudes", assure-t-elle.

"On ne peut jamais lui faire confiance"

Dans la foulée du discours du président américain, le gouvernement groenlandais a présenté une brochure "de crise" à la population, un genre de "police d’assurance" composé de stock d’armes et de nourriture à avoir chez soi. De nombreux habitants ont fait des provisions au supermarché, dont Gabriel, les mains remplies de bougies. "Elles servent à tenir chaud et nous permettent de nous nourrir, à condition d’avoir un réchaud de camping, j’en ai à la maison, explique-t-il. Je pense acheter des plats faciles à préparer, comme des œufs. C’est au cas où il se passerait quelque chose d’inquiétant."

L'énième retournement de situation, dans la soirée de mercredi, lorsque Donald Trump annonce avoir trouvé un accord avec l'Otan sur le Groenland, "c'est une bonne nouvelle" pour Ivana. "Peut-être que les choses vont aller dans le bon sens… J’espère, avance-t-elle sans être pour autant totalement rassurée. Mais un jour il dit une chose et puis le lendemain son contraire. On ne peut jamais lui faire confiance sur quoi que ce soit."

Un épuisement mental général, que ressentent de nombreux de Groenlandais actuellement.

Les Groenlandais dans la tourmente Trump : reportage d'Ottilia Ferey

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