Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi gracie le militant Alaa Abdel-Fattah, figure du soulèvement de 2011

Surnommé "l'icône de la révolution" de 2011 pour avoir chassé le président Hosni Moubarak du pouvoir, Alaa Abdel-Fattah avait fait l'objet de plusieurs condamnations ces dernières années.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Alaa Abdel-Fattah, le 17 mai 2019 au Caire (Egypte). (KHALED DESOUKI / AFP)
Alaa Abdel-Fattah, le 17 mai 2019 au Caire (Egypte). (KHALED DESOUKI / AFP)

Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a gracié le militant Alaa Abdel-Fattah, figure centrale de la révolte de 2011 en Egypte, a annoncé sa famille lundi 22 septembre. L'activiste âgé de 43 ans a passé la majeure partie de la dernière décennie derrière les barreaux. Il avait été arrêté pour la dernière fois en 2019 et condamné à cinq ans de prison pour avoir publié sur Facebook un message évoquant des violences policières.

"Le président Sissi a gracié mon frère", a écrit sur X sa sœur, Sanaa Seif. "Ma mère et moi nous nous rendons à la prison pour demander d'où Alaa sera libéré et quand", a-t-elle ajouté. "Mon cœur va s'arrêter", a commenté son autre sœur, Mona Seif, sur X.

Selon Tarek al-Awady, avocat et membre du comité des grâces présidentielles, Alaa Abdel-Fattah devrait être libéré directement de la prison de Wadi Natroun, à quelque 80 kilomètres au nord-ouest du Caire. "Toutes les procédures sont terminées, il reste à la prison de prendre connaissance de la décision judiciaire", a déclaré à l'AFP son avocat.

En grève de la faim depuis début septembre

Cette décision intervient quelques jours après que le président égyptien a ordonné d'examiner une demande de grâce en faveur d'un certain nombre de détenus, dont Alaa Abdel-Fattah, a souligné le Conseil national des droits de l'homme, affilié à l'Etat. En juillet, la justice a ordonné son retrait de la liste des personnes accusées de terrorisme, estimant que les récentes enquêtes n'avaient révélé aucune preuve le reliant aux Frères musulmans, organisation interdite en Egypte.

Sa mère, l'activiste et universitaire Laila Soueif, a récemment mis fin à une grève de la faim de dix mois menée pour réclamer sa libération. Alaa Abdel-Fattah observe lui-même une grève de la faim depuis début septembre, après une grève de la faim partielle en mars par solidarité avec sa mère, alors hospitalisée. Le gouvernement britannique a régulièrement soulevé son cas auprès des autorités égyptiennes.

En mai, un groupe d'experts des Nations unies a qualifié sa détention d'arbitraire et appelé à sa libération immédiate. En août, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, a également exhorté les autorités égyptiennes à mettre fin aux pratiques de détention arbitraire prolongée.