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La demande en énergie de l'IA pousse les États-Unis à relancer des centrales nucléaires mais aussi des nouveaux projets fossiles

Des géants du web annoncent régulièrement des investissements dans le nucléaire ou dans des énergies renouvelables. Mais dans le même temps, le charbon ou le gaz naturel sont aussi plébiscités pour répondre à l'énergie nécessaire pour faire fonctionner les data centers.

Article rédigé par Louis Mondot
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2min
Une vue aérienne d'un centre de données à Vernon (Californie), aux Etats-Unis, le 20 octobre 2025. (MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)
Une vue aérienne d'un centre de données à Vernon (Californie), aux Etats-Unis, le 20 octobre 2025. (MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Google s'associe avec un géant américain de l'énergie pour rouvrir une centrale nucléaire aux États-Unis. La firme technologique a annoncé lundi 27 octobre avoir noué un partenariat avec NextEra Energy, qui prévoit la remise en route d'une centrale dans l'État de l'Iowa, dans le centre du pays. Une décision qui doit permettre à Google de mieux subvenir aux besoins énergétiques de son intelligence artificielle.

L'accord entre les deux entreprises doit "répondre à la demande croissante en énergie de l'intelligence artificielle (IA) grâce à une énergie nucléaire propre et fiable", est-il écrit dans un communiqué commun. La centrale en question, Duane Arnold "devrait alimenter le réseau électrique d'ici le premier trimestre 2029". Elle avait été fermée en 2020, après 45 ans de service, alors que le nucléaire avait été délaissé dans le pays pour d'autres énergies jugées plus compétitives, comme le gaz naturel ou les énergies renouvelables.

La consommation électrique atteint des records aux États-Unis ces dernières années, poussée notamment par le développement frénétique de l'intelligence artificielle et l'implantation de nombreux centres de données à travers le pays. Les géants du numérique s'orientent en partie vers le parc nucléaire existant pour s'alimenter en énergie. D'autres projets similaires sont sur les rails, comme le redémarrage prévu en 2028 de la centrale de Three Mile Island, en Pennsylvanie, cette fois pour répondre aux besoins énergétiques de Microsoft.

Une "relance des infrastructures fossiles"

Mais ces annonces successives sont à prendre avec prudence, nuance Pauline Denis, ingénieure de recherche au Shift Project. "Il faut regarder les temps des projets, note-t-elle, ce n'est pas demain que ce sera prêt." En attendant, "la réponse immédiate qui se voit aujourd'hui, c'est la hausse de la demande énergétique par une relance des infrastructures fossiles, notamment le gaz naturel", poursuit-elle. "Des centrales qui étaient fermées sont relancées", tout comme "des centrales qui devaient fermer".

Une tendance qui s'observe dans plusieurs Etats américains faisant face à une forte demande. Dans "tous les États où il y a un problème en termes de production", les opérateurs de centres de données sont appelés à avoir "une production locale" d'électricité pour éviter de "faire pression sur les réseaux". Mais "avoir cette production locale se traduit dans le pays par des turbines à gaz", affirme Pauline Denis.

Un problème qui dépasse les frontières des États-Unis, puisqu'au niveau mondial, "plus de la moitié de l'électricité consommée par les centres de données est d'origine fossile, rappelle-t-elle. Et selon l'Agence internationale de l'énergie, cette part ne va pas diminuer au moins jusqu'en 2030". Dans le même temps, la consommation électrique de ces data centers "devrait plus que doubler" d'ici à 2030, estime l'AIE, dans un rapport publié en avril.

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