"Je n'ai jamais touché aux produits ménagers" : une nounou devant la justice, soupçonnée d'avoir tenté d'empoisonner ses patrons sur fond d'antisémitisme

Publié Mis à jour
JT de 20h du mardi 9 décembre 2025 France 2
Liste des vidéos similaires

Article rédigé par France 2
France Télévisions

Une nourrice a-t-elle tenté d'empoisonner une famille juive dont elle gardait les enfants ? C'est ce que devra trancher la justice. Le procès de cette femme algérienne d'une quarantaine d'années se tenait mardi 9 décembre devant le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine). Elle aurait mis des produits d'entretien toxiques dans leur vin. Le juge d'instruction a retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


À Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), près de Paris, un couple pensait avoir trouvé la nounou idéale pour ses trois jeunes enfants. Mais au bout de trois mois, coup de théâtre : il la soupçonne d'avoir cherché à les empoisonner avec des produits ménagers, sur fond d'antisémitisme. L'affaire est jugée mardi 9 décembre à Nanterre (Hauts-de-Seine).

Dès l'ouverture du procès, la nourrice nie les faits : "Je n'ai jamais touché aux produits ménagers, je ne faisais pas le ménage", plaide-t-elle. Tout commence en janvier 2024, quand la mère, de confession juive, qui tient à rester anonyme, constate une odeur de produits ménagers dans une bouteille de vin. Puis une odeur de javel dans du jus de raisin. Son démaquillant lui brûle aussi les yeux.

Leur nourrice a-t-elle tenté de les empoisonner parce qu'ils étaient juifs ? Pour l'avocat du couple, il y a tout un faisceau d'indices. "C'est aussi les déclarations des enfants, qui ont vu la nourrice jeter au sol des livres de prière, qui ont vu la nourrice frapper les mezouzah, qui sont ces parchemins que l'on place à l'entrée des maisons", détaille Maître Sacha Ghozlan, avocat de la famille.

"Jalousie" ou antisémitisme ?

La suspecte est une femme de 42 ans de nationalité algérienne. Son avocate conteste fermement toute motivation religieuse. "Elle a eu une phrase malheureuse, effectivement, en véhiculant un cliché que l'on peut qualifier d'antisémite, en disant : 'ils avaient de l'argent, je n'aurais jamais dû travailler pour une juive'. Par rapport à elle, ils ont de l'argent et le litige était financier, (c'était) de la jalousie, de la rancœur", fait valoir Maître Solange-Astrid Marie, avocate de la prévenue.

Une version que refuse d'admettre ce représentant de la communauté juive. "Cette affaire s'inscrit dans un contexte qui est celui de la montée de l'antisémitisme dans notre pays depuis le 7 octobre 2023. Un antisémitisme décomplexé qui a pénétré jusqu'à l'intimité d'une famille", estime Yonathan Arfi, président du Crif, partie civile.

La nourrice est en détention provisoire depuis février 2024 et fait depuis cette date l'objet d'une Obligation de quitter le territoire français. Son procès est ce soir toujours en cours.

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

ajouter comme source préférée (Nouvelle fenêtre)
Sur le même thème