Cet article date de plus de sept ans.
Rouen : y avait-il des matières radioactives stockées dans l'usine Lubrizol ?
Les autorités expliquent que des appareils de mesure comportant "un élément radioactif scellé" sont bien présents sur le site, mais qu'ils n'ont pas été touchés par les flammes.
L'épais panache de fumée noire qui s'est échappé, toute la journée du jeudi 26 septembre, de l'usine Lubrizol de Rouen, touchée par un incendie, n'en finit pas de susciter des inquiétudes. A propos de l'éventuelle toxicité des produits chimiques qui ont brûlé, mais pas seulement. Sur Twitter, plusieurs internautes ont repéré un point troublant sur la fiche de Lubrizol Rouen au sein du registre des installations classées, tenu par le ministère de la Transition écologique.
#Rouen
— Saito (@ShimaSaito21) September 26, 2019
C'est que #LUBRIZOL contiendrait des déchets nucléaires ?
Et pas enfoui sous terre en plus, c'est autorisé...
Bien le nuage radioactif, si jamais le feu a atteint le stockage de ces déchets radioactifs ? #Tchernobyl
J'espère me tromper. pic.twitter.com/hN7yNbFyfv
Qui osera dire la vérité sur Lubrizol ? #radioactif @leParisien_pol @libe @tvlofficiel @morandiniblog @fbleuhnormandie @MarianneleMag @canardenchaine @Brevesdepresse @collCartonJaune @WilSedlex @F_Desouche @RTenfrancais @SputnikInt @TariqRamadan @KimJongUnique_ @JeunesNatlib pic.twitter.com/DTdDoSwbTX
— Tomgets-Turfu (@TomgetsDj) September 26, 2019
Dans une liste présentant les activités à risque du site, on trouve la mention "radioactives (utilisation, dépôt, stockage) sources scellées conformes". De nombreux lecteurs de franceinfo.fr nous ont interrogés à ce sujet : l'usine stockait-elle des matières radioactives, et y a-t-il un risque de contamination ?
La présence de sources de radioactivité sur place n'est pas un secret : la fiche de l'usine dans la base des installations classées est accessible à tous en quelques clics, et la mention y figure noir sur blanc. Elle est, en revanche, difficile à comprendre pour les non initiés, et laisse donc beaucoup de place à l'imagination : quelle est concrètement la nature de ces sources, et que font-elles là ? Contacté par franceinfo, le ministère de la Transition écologique renvoie vers la préfecture. En revanche, lors d'une conférence de presse, le préfet de Seine-Maritime a donné des éléments de réponse.
Une "levée de doutes" à l'aide d'un "véhicule spécialisé"
"Il n'y avait pas de produits radioactifs" qui auraient servi à la fabrication des produits huileux que produit Lubrizol, a-t-il expliqué. En revanche, le site employait "des appareils de mesure qui comportent un élément radioactif scellé". Ces appareils "servent à mesurer le niveau dans les bacs [de produits] et renvoient l'information à leur PC de contrôle", a précisé Jean-Yves Lagalle, le directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis), qui gère les pompiers de Seine-Maritime, lors de la même conférence de presse.
Jean-Yves Lagalle a affirmé vendredi qu'"aucune de ces sources [radioactives] n'a été touchée par l'incendie" – qui a ravagé, selon le préfet, seulement 10% de la surface du site. Après avoir demandé la localisation exacte de ces sources de radioactivité à l'entreprise Lubrizol, le directeur du Sdis a procédé, explique-t-il, à "une levée de doutes" à l'aide "d'un véhicule spécialisé en risque radiologique, qui est venu avec ses appareils pour confirmer qu'il n'y avait aucun élément de source scellée qui ait été pris dans l'incendie, et qui pourrait éventuellement émettre des radiations".
Il n'a pas précisé la nature exacte de ces vérifications, mais assure qu'elles ont écarté les craintes : "Il n'y a pas de source qui a été touchée par l'incendie, mes équipes me l'ont confirmé dès hier." "J'ai des pompiers sur place, a rappelé le directeur du Sdis. Je n'ai aucun intérêt à [les] voir contaminés ou irradiés."
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