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Courses à pied : chaleur, préparation… et polémique autour du "Parcours prévention santé" après des malaises

Le mercure grimpe partout en France depuis quelques jours avec un épisode de chaleur inédit aussi tôt en mai. Ce sont des coureurs qui ont fait les frais de ce dôme de chaleur en Île-de-France dimanche, avec un sport de plus en plus populaire et de moins en moins encadré.

Article rédigé par Alain Gastal
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2min
Des runners lors du "Marathon Pour Tous" à Paris le 10 août 2024. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)
Des runners lors du "Marathon Pour Tous" à Paris le 10 août 2024. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

La prudence est de mise en cas de fortes chaleurs. Cette journée ensoleillée a viré cauchemar dimanche 24 mai. À Paris, dans le 20e arrondissement, une personne est décédée lors de sa participation à une course pied. Au même moment à une poignée de kilomètres à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), dix personnes finissent hospitalisées en urgence absolue lors d'une autre course, La Maisonnaise cette fois-ci.

Désormais en vogue, ces courses pullulent avec toujours plus de participants. Ils ont été près de 2 000 dans le 20ᵉ arrondissement de Paris et plus de 4 000 à Maisons-Alfort, malgré le seuil des 30°C atteint samedi pour la première fois en Île-de-France cette année.

Des certificats sous la responsabilité des coureurs

Ni la présence de jalonneurs chargés de surveiller l'évènement tout au long du parcours ou la multiplication des points d'eau n'ont empêché un décès et la multiplication de ces malaises.

Pour Pascal Silvestre, journaliste spécialiste de course à pied, il y a forcément dans les deux millions de dossards distribués chaque année des coureurs mal préparés. "Il y a beaucoup de gens, aujourd'hui, qui prennent un dossard. Avant, le passage à l'acte était précédé de beaucoup de prudence. Aujourd'hui, beaucoup moins : la plupart des gens passent un bon moment en courant, mais, parfois, s'ils sont mal préparés et qu'il fait trop chaud, il peut y avoir de la casse", explique l'expert.

"C'est déclaratif"

Les runners n'ont en effet plus besoin depuis septembre 2024 d'un certificat médical d'aptitude. Il a été remplacé par un PPS, "Parcours prévention santé", obtenu sous la seule responsabilité du coureur lui-même. Il s'agit d'un questionnaire de sensibilisation aux enjeux de santé à remplir directement sur internet, en regardant de trois courtes vidéos. Valable pendant un an, ce PPS coûte 5 euros. Ce précieux sésame permet de participer à toutes ces compétitions chronométrées, laissant l'évaluation de ses aptitudes au coureur.

Pascal Silvestre rappelle que "c'est déclaratif" : "On pose une série de questions pour savoir s’il n'y a pas d'antécédents, mais effectivement, ça ne passe plus par la case médecin généraliste qui prend la tension, qui fait un examen, même un petit peu superficiel, mais qui prend les constantes."

En deux ans, "plus de deux millions de pratiquants non-licenciés" ont réalisé la démarche en décembre 2025, selon la Fédération française d'athlétisme. Le succès a contribué à l'explosion du running en France, déjà bien amorcée depuis la fin de la pandémie et boostée par les Jeux de Paris. La fédération, qui veut "devenir l'acteur de référence du running en France", a pourtant du mal à exister dans ce secteur en plein essor, alors même que sa mission de service public lui confère le rôle "d'organiser la pratique". La plupart des coureurs étant non-licenciés, leur pratique échappe au giron fédéral et "le seul moyen de les toucher, c'était le PPS", avait ainsi reconnu, fin novembre 2025, Emmanuelle Jaeger, présidente déléguée de la FFA.

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