Climat Environnement S'informer

Canicule : trois questions sur le congé climatique, proposé par Marine Tondelier et déjà déployé en Espagne

Mis en place en Espagne, après les inondations meurtrières de 2024, ce congé climatique prévoit des congés payés en cas d'alerte rouge ou orange, afin de protéger les travailleurs qui ne peuvent pas télétravailler.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2min
Marine Tondelier, candidate Les Écologistes à l'élection présidentielle, à Paris en décembre 2025. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
Marine Tondelier, candidate Les Écologistes à l'élection présidentielle, à Paris en décembre 2025. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Alors qu'un Français sur deux vit dans une zone en vigilance rouge à la canicule, Marine Tondelier et les Écologistes ont lancé dimanche 21 juin une pétition pour proposer la mise en place du congé climatique. Cette proposition s'inspire de l'Espagne, qui, en novembre 2024, a adopté le principe d'un congé payé de quatre jours pour éviter les déplacements en cas d'alerte météo.

1 En quoi consiste la proposition des Écologistes ?

Les Écologistes proposent un congé de cinq jours, maximum, par an, payé par l'État, pour les travailleurs les plus exposés à la chaleur. Il donne la possibilité de rester chez soi, si les conditions climatiques sont trop extrêmes et empêchent d'aller travailler : une canicule, un incendie, ou encore si l'école de vos enfants est fermée et que vous n'avez pas de solution pour les faire garder.

La mesure s'appliquerait aussi lors d'épisode neigeux intense ou par très grand froid. Dans sa pétition, le parti rappelle que selon l'Organisation mondiale de la santé, plus de 200 000 personnes sont mortes des suites de la chaleur en Europe au cours des quatre dernières années.

2 Comment fonctionne le congé climatique, en Espagne ?

La décision a été prise par le gouvernement espagnol de gauche, après les inondations meurtrières qui ont ravagé le sud-est de l'Espagne, la région de Valence, en 2024. Le bilan est très lourd, avec 230 morts. Plusieurs entreprises avaient demandé à leurs salariés de rester au travail, malgré l'alerte rouge émise par l'agence météorologique nationale.

C'est donc à ce moment-là que la mesure a été instaurée : jusqu'à quatre jours consécutifs de congés payés en cas d'alerte rouge ou orange émise par les autorités, pour éviter au maximum les déplacements et ainsi, protéger les travailleurs qui ne peuvent pas télétravailler.

Au-delà de quatre jours, l'entreprise doit mettre la personne au chômage. La mesure, aujourd'hui inscrite dans le droit du travail espagnol, a cependant été critiquée par l'OCDE qui a dénoncé son coût, qui représente selon l'organisation, un surplus financier pour les employeurs.

3 Pour quels résultats, en Espagne ?

Pour l'instant, ce congé climatique n'a pas été beaucoup utilisé. Sauf pendant de très fortes intempéries à l'hiver 2024/2025, quand plusieurs régions avaient été placées en alerte rouge. Mais l'Espagne est souvent citée en exemple pour ses politiques de lutte contre la chaleur. Par exemple, avec sa journée intensive : chaque été depuis des décennies, commerçants et entreprises travaillent de 8 heures à 15 heures, sans pause déjeuner, pour pouvoir rentrer chez eux ou se mettre au frais quand les températures deviennent insupportables.

Pour l'instant, l'idée du congé climatique de Marine Tondelier, défendu dans une pétition en ligne, n'a pas trouvé beaucoup d'écho au gouvernement : le ministre du travail Jean-Pierre Farandou défend lui plutôt l'adaptation des horaires.


La France hexagonale est touchée par un épisode caniculaire. Les fortes chaleurs peuvent être dangereuses pour la santé, en particulier pour les personnes vulnérables (enfants en bas âge, personnes âgées, en situation de handicap ou souffrant de pathologies chroniques). Le ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées a activé le 18 juin 2026 le numéro vert "Canicule info service" : 0800 06 66 66. Il est joignable de 9 heures à 19 heures (appel gratuit).

En cas de besoin d’une prise en charge ne relevant pas d’une urgence vitale, le ministère recommande : 1/ d'appeler prioritairement son médecin traitant ; 2/ S’il n’est pas disponible, de recourir à une alternative à proximité, en consultant par exemple la carte des lieux de soins sur santé.fr (accessible en anglais) ; 3/ En cas de doute, d'appeler le 15.

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

ajouter comme source préférée (Nouvelle fenêtre)
Sur le même thème