Crues meurtrières au Népal : pourquoi la Chine communique avec parcimonie depuis la catastrophe ?
Au moins 362 personnes sont mortes lors d'une crue à la frontière du Népal et de la Chine, selon un bilan provisoire. Mais depuis mercredi, la Chine communique très peu.
Les crues meurtrières, qui ont eu lieu mercredi 26 août au Népal et dans la région chinoise du Tibet, ont fait, selon un bilan provisoire, au moins 362 morts et plus de 1 300 disparus, dont quatre touristes français. Tout a commencé par l'effondrement d'une paroi de roche et de glace au Tibet en Chine, à 17 kilomètres de la frontière Chine-Népal. Pour autant, la Chine communique très peu.
Le président Xi Jinping a publié un communiqué rapidement après les crues, mercredi, ce qui est rare après une catastrophe naturelle, et ce qui laissait entrevoir la gravité de la situation. Mais, depuis, la communication est extrêmement contrôlée et les informations sont données au compte-gouttes par l'agence de presse Chine Nouvelle et la télévision d'État.
Le Premier ministre chinois sur place, sans faire de déclaration
Pékin s'en tient depuis jeudi matin au bilan de 558 disparus, dont 260 étrangers côté tibétain, sans donner le détail des nationalités. Le Premier ministre chinois, Li Qiang, est sur place pour coordonner les secours et échanger avec les victimes, sans faire de déclaration.
La région du Tibet est étroitement surveillée par Pékin. Pour éteindre toute tentative de contestation, les médias étrangers n'y ont quasiment pas accès. Et la zone du poste frontière de Gyirong, englouti par cette coulée de boue, est stratégique. La Chine a investi dans les routes et les ponts de ce point de passage, pour intégrer la région du Tibet dans son projet de routes de la soie et en faire une voie commerciale importante vers le Népal et l'Inde.
Les militaires chinois progressent lentement, pelle à la main
Les difficultés d'accès à l'épicentre de la catastrophe peuvent expliquer aussi le peu de communication. Les 1 300 militaires et pompiers chinois déployés avec des chiens progressent lentement, pelle à la main. Ils sont guidés par des drones et des hélicoptères, les routes et les ponts sont ensevelis, les communications coupées.
L'espoir de retrouver des survivants s'amenuise. Pour les rescapés regroupés dans des abris d'urgence, la Croix-Rouge chinoise a acheminé des tentes, des couvertures, de l'eau et des nouilles instantanées. L'attention des secouristes se concentre aussi sur une retenue d'eau, coincée par la coulée de boue, qui grossit avec la pluie. La pression exercée pourrait entraîner de nouveaux glissements de terrain.
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