Une quarantaine de blessés, un morceau de rail retrouvé sur les voies, le trafic perturbé... Ce que l'on sait après le déraillement d'un TER reliant Rouen à Caen

"A ce stade, aucun élément ne permet d'évoquer un acte de 'malveillance'", et "encore moins un 'attentat'", a fait savoir le procureur, samedi soir.

Article rédigé par franceinfo
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Des agents SNCF s'affairent autour du TER qui a déraillé la veille à Cléon, en Seine-Maritime, le 12 septembre 2026. (GUILLAUME SALIGOT / AFP)
Des agents SNCF s'affairent autour du TER qui a déraillé la veille à Cléon, en Seine-Maritime, le 12 septembre 2026. (GUILLAUME SALIGOT / AFP)

Un lourd bilan et de nombreuses questions. Quarante-quatre personnes ont été blessées, dont une jeune femme grièvement, dans le déraillement d'un train entre Rouen et Caen vendredi 11 septembre, selon la préfecture de Seine-Maritime et le parquet. Le déraillement a eu lieu entre Tourville et Elbeuf-Saint-Aubin, au niveau de la commune de Cléon (Seine-Maritime), vers 19h45. Une enquête, confiée à la police judiciaire de Rouen, a été ouverte. Un morceau de rail a été retrouvé sur place. Voici ce que l'on sait de cet incident.

Un TER déraille entre Rouen et Caen

Un TER (Transport express régional) qui assurait une liaison entre Rouen et Caen a déraillé vendredi en début de soirée. L'accident a eu lieu vers 19h45 au niveau de la commune de Cléon, au sud de Rouen. "D'un seul coup sont venues quelques secousses, puis au bout de trois secondes, c'est devenu de plus en plus fort", a témoigné Louis, l'un des passagers, auprès d'ICI Normandie. "Je ne tenais plus sur mon siège (...). Les vitres ont partiellement explosé, les cailloux de la voie sont rentrés dans le wagon. C'était vraiment choquant, j'en tremble encore."

"Quand on est sortis, on a vu des essieux de train directement posés sur les voies, tous les grillages étaient défoncés sur 200-300 mètres après le passage à niveau. On a compris que c'était le wagon de tête qui avait pivoté au moment de l'impact et qui avait emmené tout le reste du train. On a reçu un choc, d'un coup tout tremblait, c'était assez fort", a décrit, toujours auprès d'ICI Normandie, Baptiste, un autre passager de ce TER qui transportait 186 personnes sur deux rames.

Quarante-quatre blessés

Une passagère de 18 ans a été "évacuée en urgence absolue" et 43 autres voyageurs ont été "pris en charge en urgence relative", a annoncé le procureur de Rouen, Sébastien Gallois, dans un communiqué. La victime la plus sérieusement blessée a été héliportée vers le CHU de Rouen, qui se trouve à 20 km de Cléon. Samedi soir, elle était "toujours hospitalisée, mais les craintes pour sa vie ou une infirmité grave sont maintenant écartées", a annoncé le procureur.

Les autres blessés ont pu être pris en charge par les nombreux secours présents sur place : 130 pompiers, cinq équipes médicales et 80 véhicules ont été déployés. Certains ont été hospitalisés. Un plan blanc "sectoriel", qui concerne les urgences, a été déclenché au CHU de Rouen, selon ICI Normandie.

Les personnes hospitalisées ont quitté l'hôpital, petit à petit, dans la journée de samedi, selon le procureur. "En milieu d'après-midi", trois personnes étaient encore hospitalisées, "sans gravité", a déclaré dans un communiqué Sébastien Gallois, ajoutant que "toutes les victimes seront vues par un médecin-légiste, pour fixation précise de leur préjudice".

Une enquête ouverte, qui s'annonce "longue"

La police judiciaire de Rouen a été saisie d'une enquête en recherche des causes de blessures graves, a annoncé le parquet. Les enquêteurs ont effectué les premières constatations au niveau du TER. Des "dépistages" d'alcool et de stupéfiants sur le conducteur du train se sont révélés "tous négatifs", selon le procureur Sébastien Gallois. La procureure adjointe, Marie-Valérie Albert, a de son côté prévenu que l'enquête allait "être longue".

La piste d'un acte malveillant a d'abord été privilégiée par les enquêteurs, selon des éléments recueillis auprès de sources policière et judiciaires par franceinfo et France Télévisions. "A ce stade, l'hypothèse principale est celle de la présence – sur un des rails de la voie – d'un morceau de rail, qui pourrait être à l'origine de ce déraillement, a indiqué le procureur. Les causes de cette présence sont inconnues, et devront être identifiées par l'enquête."

"Les investigations menées n'ont apporté aucun élément nouveau sur les causes de la présence - sur un des rails de la voie - d'un morceau d'un autre rail", a précisé Sébastien Gallois, samedi soir. "A ce stade, aucun élément ne permet d'évoquer un acte de 'malveillance' commis avec l’intention délibérée de faire dérailler le train, et donc encore moins un 'attentat'", a-t-il souligné.

Le trafic perturbé sur la ligne Rouen-Caen

Le déraillement a provoqué de "fortes perturbations" pour le trafic ferroviaire entre Rouen et Caen et entre Caen et Le Havre. Des retards de plusieurs heures ont aussi été constatés à la gare Saint-Lazare à Paris. La circulation reste très perturbée sur la ligne Rouen-Caen. Un service de cars de substitution a été mis en place selon SNCF Voyageurs et SNCF Nomad. En revanche, la circulation sur les lignes Paris-Rouen et Rouen-Amiens, interrompue après le déraillement, a été rétablie, selon un porte-parole de SNCF Réseau.

Pour le "relevage" du train, les équipes de SNCF Réseau sur place doivent attendre que le procureur "rende la zone", à une échéance à ce stade indéterminée, pour pouvoir inspecter puis organiser les opérations, selon le porte-parole. Samedi matin, un photographe de l'AFP a vu de nombreux agents de la SNCF s'affairer autour du train au milieu d'une allée d'arbres.

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