Témoignage "Le groupe Canal+ va mettre à l'antenne un délinquant sexuel quotidiennement" : l'une des victimes de Jean-Marc Morandini déplore son maintien sur CNews

Malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs, le groupe Canal+ va maintenir à l'antenne l'animateur de 60 ans.

France Télévisions
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L'animateur Jean-Marc Morandini au tribunal judiciaire de Paris, le 13 juin 2023. (BERTRAND GUAY / AFP)
L'animateur Jean-Marc Morandini au tribunal judiciaire de Paris, le 13 juin 2023. (BERTRAND GUAY / AFP)

Axel a lâché un "'ouf de soulagement", mercredi 14 janvier en début d'après-midi, lorsqu'il a appris la condamnation définitive de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs. Le jeune homme, qui a témoigné pour la première fois à visage découvert dans "Complément d'enquête" en novembre dernier, fait partie des trois adolescents à qui l'animateur de 60 ans a envoyé des messages de nature sexuelle entre 2009 et 2016. Conformément à la peine prononcée en appel, Jean-Marc Morandini écope de deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende. Il est également inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais) et se voit interdit d’exercer une profession en contact avec des mineurs.

"Cette décision va me permettre d'avancer sereinement à l'avenir", souligne Axel, interrogé par franceinfo. "Cette affaire me suit depuis que j'ai 15 ans, rappelle-t-il. Cela fait bientôt onze ans que je suis dans ce processus judiciaire. C'est un petit chamboulement en ce début d'année, je suis très heureux de tourner cette longue page, qui a duré trop longtemps." Il dit espérer que son témoignage "aidera d'autres victimes de violences sexuelles à prendre la parole" même si "c'est très difficile à extérioriser". 

Une "contradiction" du groupe Canal+ 

Passionné par le monde de l'audiovisuel, Axel avait contacté Jean-Marc Morandini sur les réseaux sociaux en 2015, dans l'espoir d'obtenir un stage. Mais leurs échanges avaient rapidement pris une autre tournure. Selon le récit du jeune homme, après lui avoir demandé s'il avait "l'habitude" de la nudité, l'animateur avait fini par réclamer à l'adolescent une photo de lui nu. Malgré les réticences d'Axel, les demandes de Jean-Marc Morandini seraient ensuite devenues récurrentes. "Au bout d'un moment, j'ai craqué. J'ai pris une photo d'internet, et je lui ai envoyée", avait relaté le plaignant auprès de "Complément d'enquête". 

Auprès de franceinfo, Axel déplore aujourd'hui la décision de CNews de laisser à l'antenne le présentateur de l'émission "Morandini Live". "Le groupe Canal+ va mettre à l'antenne un délinquant sexuel quotidiennement", s'indigne Axel, pointant "l'image catastrophique qui est renvoyée"

"Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice et il reste à l'antenne sur CNews", a relayé la chaîne dans une déclaration transmise à l'AFP. Dans un communiqué distinct, le sexagénaire a dit étudier "la possibilité de saisir la Cour européenne des droits de l'homme" sur son cas.

"On lui permet de conserver une influence"

Cet éventuel recours n'est toutefois "pas suspensif de quoi que ce soit", pointe Anthony Mottet, l'avocat d'Axel, soulignant que "Jean-Marc Morandini n'est désormais plus présumé innocent : sa condamnation est effective". Il regrette la "contradiction" du groupe Canal+ qui avait affirmé, dans un communiqué en 2016, qu'"en cas de condamnation", Jean-Marc Morandini "quitterait le groupe sans indemnité".

Le présentateur "a approché ses victimes grâce à son influence médiatique. En le gardant à l'antenne, on lui permet de conserver cette influence-là", pointe l'avocat, rappelant que "la justice par trois fois a reconnu qu’il a fait souffrir des mineurs". Il déplore le fait qu'"aucun arsenal juridique ne permette de l'écarter de ses fonctions télévisuelles : c'est un choix de l'employeur". 

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