Sébastien Lecornu veut utiliser les "surplus" fiscaux sur le carburant pour financer l'électrification

Le Premier ministre répond ainsi indirectement à ceux qui accusent l'Etat français de s'enrichir grâce à l'augmentation des prix des carburants.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Sébastien Lecornu lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 31 mars 2026. (MAGALI COHEN / AFP)
Sébastien Lecornu lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 31 mars 2026. (MAGALI COHEN / AFP)

Ne pas apparaître comme un profiteur de la crise énergétique. Sébastien Lecornu a donné "instruction" à ses ministres, mercredi 1er avril, d'identifier les actions prioritaires pour électrifier l'économie et moins dépendre des hydrocarbures importés, en suggérant de les financer par les "surplus" de recettes fiscales sur les prix des carburants, qui flambent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, a annoncé Matignon à l'AFP.

Le Premier ministre demande ainsi au ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, "de travailler à une affectation des éventuels surplus de recettes fiscales liés à la hausse du prix des carburants pour financer les mesures prioritaires du plan d'électrification", selon le texte de ces instructions.

C'est une réponse indirecte à la polémique sur un Etat français qui s'enrichirait grâce à l'envolée des prix des carburants, via les impôts qu'il perçoit sur la vente de l'essence. Depuis le début de la crise énergétique liée à l'intervention américaine en Iran, Sébastien Lecornu a dû faire face aux oppositions lui demandant de renoncer à la fiscalité liée aux carburants ou de faire un geste en faveur du pouvoir d'achat des Français.

Pas "des milliards" d'excédent, selon Maud Bregeon

Les recettes fiscales supplémentaires liées à la hausse des prix des carburants ne représentent pas "des milliards d'euros", a assuré la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, rejetant l'idée d'une "cagnotte" dont disposerait l'Etat. Selon elle, les recettes en hausse de TVA à la pompe sont en réalité compensées par plusieurs effets négatifs pour les finances de l'Etat, comme la baisse de la consommation, le ralentissement de la croissance ou encore l'augmentation des taux d'intérêt. Elle n'a toutefois pas avancé de chiffrage précis.

Un peu plus tôt, le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, avait estimé ce surplus "entre deux et trois milliards d'euros" depuis le début de la crise, appelant à le restituer "aux automobilistes via une baisse des taxes". Marine Le Pen et d'autres responsables du Rassemblement nationale avaient à plusieurs reprises accusé l'Etat de se comporter en "profiteur de crises" en refusant de baisser les taxes sur les carburants. "Je croyais qu'il n'y avait pas de surplus, moi ?", a-t-elle ironisé mercredi, appelant à nouveau le gouvernement à "renoncer" à ces recettes excédentaires en baissant les taxes.

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