Bétharram : le rapport de l'inspecteur d'académie "était destiné à blanchir cette institution catholique", accuse l'avocat de l'une des victimes

Jean-François Blanco se dit "sidéré" après le témoignage de l'inspecteur d'académie qui avait écarté les violences en 1996.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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L'avocat Jean-François Blanco, le 17 février 2025. (QUENTIN TOP / HANS LUCAS)
L'avocat Jean-François Blanco, le 17 février 2025. (QUENTIN TOP / HANS LUCAS)

"Je suis sidéré", réagit mercredi 19 février Jean-François Blanco sur franceinfo, avocat de Marc, l'une des victimes de Bétharram. Une réaction après le témoignage de l'inspecteur d'académie qui s'était rendu dans l'établissement Notre-Dame de Bétharram en 1996 et qui n'avait pas constaté de brutalisations au sein de l'établissement. Un témoignage recueilli par la cellule investigation de Radio France.

"J'ai déjà été sidéré par la lecture de ce rapport, puisqu'il était ahurissant. Il constatait l'existence des violences et des sévices corporels graves, les coups portés contre le jeune de 14 ans que je défendais. Mais sa conclusion consiste à dire que finalement les élèves n'étaient pas brutalisés. Il y a donc une contradiction évidente, très surprenante, qui montrait que ce travail n'était pas sérieux", poursuit l'avocat au barreau de Pau qui défend Marc et qui est par ailleurs élu d'opposition à Pau.

Son client avait été victime d'une gifle qui lui avait fait perdre 40% de son audition. Une plainte avait été déposée en 1996 pour la gifle et pour le châtiment du "perron" : la même année, Marc avait été puni et avait dû passer la nuit en sous-vêtements et t-shirt sur une estrade près de la rivière. L’adolescent avait réussi à s'enfuir, son père était venu le chercher et l'avait transporté à l'hôpital de Pau, il était en hypothermie.

Le parquet saisi pour une enquête pénale et administrative

"Pour ma part, je considère que ce rapport était destiné à couvrir Notre-Dame de Bétharram, à blanchir cette institution catholique", explique Jean-François Blanco. Il a saisi le parquet général de Pau pour ouvrir une enquête pénale et administrative sur l'affaire Bétharram.

Ce week-end, un gendarme chargé de l'enquête sur le père Carricart, ex-directeur de l'établissement, accusé de viol, a évoqué une intervention de François Bayrou auprès de la justice alors qu'il était député et président du Conseil général. François Bayrou assure lui n'être jamais intervenu, mais pour l'avocat au barreau de Pau, "c'est un mensonge supplémentaire". "François Bayrou est intervenu auprès du juge d'instruction pour avoir des informations sur l'affaire qui concernait les viols, dont le père Carricart."