Manifestations contre la vie chère : des vidéos ont-elles disparu des réseaux sociaux ?

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Article rédigé par franceinfo - A. Perreaut - Édité par l'agence 6Médias
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Depuis le début des mobilisations, les réseaux sociaux jouent un rôle prépondérant. Ils relaient notamment les appels à la manifestation. Si les vidéos des rassemblements sont également diffusées, des internautes affirment qu'elles disparaissent des plateformes.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


La mobilisation "contre la vie chère" a débuté le 17 octobre dernier. Depuis, plusieurs journées de manifestations ont eu lieu. Que ce soient les appels au rassemblement ou les vidéos de manifestations, beaucoup de contenus passent par les réseaux sociaux. Selon plusieurs internautes, certaines de ces vidéos disparaissent. Sur TikTok, Maeva Bjr, s'interroge : "On ressent une certaine censure, qu'il y a des vidéos qui sont moins vues. Tu es obligée de taper le nom de certains créateurs ou créatrices de contenus que tu as l'habitude de voir." Et l'internaute Mamaad69, d'abonder, toujours sur TikTok : "À chaque fois que tu postes une vidéo concernant le 24 octobre, concernant les manifestations, ils censurent." "Ils font ça pour ne pas que les gens se retrouvent nombreux dans la rue", a ajouté RYAN_BMR.

Cela n'est pas qu'un sentiment. Certains posts en rapport avec ces mobilisations sont devenus moins visibles. On le sait grâce à Visibrain, une entreprise de veille sur les réseaux sociaux. Interrogée par le service web de franceinfo, elle a indiqué que le hashtag #17octobre a généré 800 millions de vues sur TikTok. Si on compare à la semaine d'après, le hashtag #24octobre a lui a généré 121 millions de vues. Cela signifie huit fois moins de vues tout de même. Sur Instagram, le nombre de vues sur cet événement a même été divisé par neuf. Et puis sur X, il y a eu trois fois moins de publications.

Une rencontre entre le gouvernement et les représentants des plateformes en ligne

Une baisse des violences autour des mobilisations du 24 octobre par rapport à celles di 17 octobre peut expliquer ce changement, mais ce n'est pas tout. Les plateformes ont aussi renforcé leur modération autour de ces publications. Interrogé par le service web de franceinfo, TikTok reconnaît avoir fait en sorte de modérer certains posts en rapport avec les manifestations. Le réseau social a même interdit certains termes. La plateforme a interdit aux utilisateurs de chercher certains mots qui encourageraient activement la violence ou les comportements criminels.

Pourquoi les plateformes font-elles cela ? Certains internautes pensent qu'on leur a demandé. "On sait très bien que le gouvernement a essayé de censurer des TikTok. On sait très bien que depuis le 17 octobre, on n'a plus revu autant de TikTok et de manifestations", a avancé Djamel sur TikTok.

Le 23 octobre, à la veille d'une des mobilisations, le cabinet du Premier ministre a, en effet, convoqué plusieurs représentants de Google, de Meta, de TikTok, de Snapchat, de Discord et de Reddit. Les équipes de Matignon ne s'en sont pas cachées, puisqu'elles ont publié un communiqué dans lequel elles disaient que l'objectif de cette réunion était de "mieux prévenir la diffusion de contenus illicites appelant à la violence, aux dégradations et aux pillages". Le communiqué a confirmé même la suspension de certains comptes.

La suspension de l'accès aux réseaux sociaux demandée aux opérateurs

Nos confrères de Blast ont également mis la main sur une lettre censée rester confidentielle. Elle était adressée aux opérateurs SFR, Orange, Bouygues et Free. Sébastien Lecornu leur demandait "d'envisager de suspendre temporairement l'accès à ces services en cas de réitération des violences urbaines." Il leur demandait tout simplement de couper l'accès à TikTok, Instagram et Snapchat. Selon Le Canard enchaîné, Matignon aurait même demandé plus précisément de couper temporairement l'accès aux réseaux mobiles autour de certaines zones, comme la place de la République, qui est un lieu de rassemblement à Paris.

Les opérateurs ont opposé une fin de non-recevoir au gouvernement en disant que c'était impossible, que cela pouvait même être dangereux. En résumé, certaines plateformes ont restreint une partie des contenus liés aux manifestations, et le gouvernement les avait bien incitées à le faire, car il considérait que la diffusion de vidéos poussait à la violence chez certains.

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