info radio france Le ministère de l'Education va retravailler son projet de questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles, sa validation repoussée au 1er octobre

La version de travail des questionnaires présentée cette semaine suscitait des réserves ou de la réprobation des organisations syndicales et des fédérations de parents d'élèves.

Article rédigé par franceinfo
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Une classe de 6e dans un collège le jour de la rentrée scolaire. Photo d'illustration. (DAVID ADEMAS / OUEST-FRANCE / MAXPPP)
Une classe de 6e dans un collège le jour de la rentrée scolaire. Photo d'illustration. (DAVID ADEMAS / OUEST-FRANCE / MAXPPP)

Le ministère de l'Education nationale va revoir son questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles qui doit être distribué en novembre prochain aux 11 millions d'élèves de la grande section à la terminale, selon les informations de France Culture, vendredi 11 septembre.

Censé être soumis au vote du Conseil supérieur de l'éducation jeudi 17 septembre, ce questionnaire et ses modalités de passation aux élèves seront finalement soumis à validation plus tard, le 1er octobre, a appris France Culture auprès de l'entourage du ministère de l'Education nationale.

La version de travail des questionnaires présentée cette semaine, que France Culture a pu consulter, suscitait des réserves ou de la réprobation des organisations syndicales et des fédérations de parents d'élèves, sur le fond comme sur la forme. Ils demandaient à ce que la copie soit revue en profondeur et ils ont donc été entendus. L'entourage du ministère précise à France Culture qu'"il s'agit d'une concertation sur un document de travail, une procédure habituelle. Le travail de concertation se poursuit sur le questionnaire et sur toutes les modalités qui l'entourent".

"Dans une même phrase, deux vécus différents"

Concernant leur bien-être et leur sécurité, les élèves doivent par exemple choisir entre deux réponses : "Je me sens à l'aise et en sécurité à l'école", ou "Je me sens à l'aise et en sécurité chez moi et dans les autres endroits où je vais". "Il y a deux choses différentes dans une même phrase", critique Aurelie Gagnier, professeure des écoles, cosecrétaire nationale et porte-parole du syndicat FSU-SNUipp. Pour un enfant, "il a, dans une même phrase, deux vécus différents. Cela va lui poser question", alerte l'enseignante. Autre problème soulevé : les élèves n'auront pas l'obligation d'inscrire leur prénom sur le questionnaire.

Les modalités de distribution aux élèves inquiètent également les personnels de l'Education nationale. Le document en préparation stipule que ce questionnaire doit être proposé à l'issue d'une séance d'éducation à la vie affective et relationnelle dans le premier degré (Evar), ou d'éducation à la vie affective et relationnelle sexuelle dans le second degré (Evars).

Il faut aux infirmières "une heure par classe", précise Saphia Guereschi, infirmière scolaire et secrétaire générale du Snics-FSU, qui souligne : "On n'est pas assez nombreuses !". Une fois les questionnaires analysés, il doit y avoir, sans délai, un entretien avec l'élève en cas de suspicion de violences sexuelles. Saphia Guereschi demande donc "des formations sérieuses pour être à la hauteur des enjeux" et appelle à "réfléchir aux moyens dont a l'école pour accueillir cette parole".

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