Journée mondiale de lutte contre le sida : des lieux de l'ONG Aides "vont fermer leurs portes", avec la baisse des subventions

Le directeur général de l'association s'alarme de l'incidence de la baisse des subventions sur l'épidémie de VIH.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Un camion de l'association Aides, à Paris, le 30 novembre 2011. (MAXPPP)
Un camion de l'association Aides, à Paris, le 30 novembre 2011. (MAXPPP)

Des lieux de l'ONG Aides "vont fermer leurs portes", avec la baisse des subventions de l'État, s'inquiète sur France Inter son directeur général, Marc Dixneuf, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, alors que les associations d’accompagnement des personnes séropositives s’inquiètent des baisses des subventions de l’État français. Certaines, comme Aides, ont même été obligées de se séparer d’une partie de leurs équipes. Créée en 1984, Aides est la première association de lutte contre le sida et les hépatites en France et en Europe.

Aides subit une baisse des subventions des mairies, des régions, des agences régionales de santé ou encore du ministère de la Santé. Elle enregistre plusieurs centaines de milliers d’euros en moins dans son budget. En 2024, la généralisation du Ségur de la Santé et sa mesure permettant de revaloriser les bas salaires a fait plonger les finances de l'ONG, assure Marc Dixneuf. "En 2025, on doit verser 1,5 million d'euros qui doivent être financés par les financements privés. L'État nous oblige à augmenter les salaires sans nous apporter la compensation nécessaire", déplore-t-il.

Aides prévoit des licenciements

Ces subventions en moins ont obligé Aides à acter un plan de sauvegarde de l’emploi ces derniers mois, avec, à la clé, des licenciements, "une soixantaine" de postes en moins envisagés pour le moment, précise Marc Dixneuf à franceinfo lundi. "C'est très préoccupant, car avoir moins de personnel sur le terrain, c'est lutter moins bien contre le VIH", se désole le directeur général de l'ONG qui intervient sur l'ensemble du territoire auprès des personnes séropositives et des populations les plus vulnérables au VIH et aux hépatites.

Selon Aides, ces baisses de subventions auront également une incidence sur l’épidémie de VIH. "Ça craque de tous les côtés", alerte Marc Dixneuf. "Dans l'immédiat, on ne va pas forcément voir de rebond épidémique. Mais à partir du moment où ça perdure pendant un, deux ou trois ans, on va très probablement voir une augmentation des découvertes de nouvelles infections à VIH", prévoit-il. L'ONG estime que les premières victimes seront les patients les plus éloignés du système de soins, les plus démunis, qui ne pensent pas toujours au dépistage. 

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