Ralentissement de l’activité, coûts supplémentaires... Les fortes chaleurs freinent déjà l’économie française

La vague de chaleur qui touche la France cette semaine ne menace pas seulement la santé. Productivité en baisse, chantiers perturbés, agriculture fragilisée : les conséquences économiques s’annoncent déjà importantes.

Article rédigé par Fanny Guinochet
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1min
La terrasse d'un café déserte en pleine vague de chaleur précoce. Météo-France a placé Paris en alerte jaune, avec des températures prévues atteignant 35 °C, le 25 mai 2026. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
La terrasse d'un café déserte en pleine vague de chaleur précoce. Météo-France a placé Paris en alerte jaune, avec des températures prévues atteignant 35 °C, le 25 mai 2026. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

La vague de chaleur qui frappe la France depuis jeudi 21 mai va affecter l’activité économique. Selon une étude de l’Organisation internationale du travail, la capacité à effectuer un travail physique chute de 40% lorsque les températures dépassent les 32 degrés. Les travaux réalisés en extérieur, dans le bâtiment, la construction ou encore l’agriculture, ralentissent fortement, voire sont parfois stoppés.

Même si les entreprises tentent d’adapter leurs plannings, ces épisodes de chaleur extrême entraînent mécaniquement moins d’heures travaillées, davantage d’absences et une hausse des arrêts maladie. Une étude américaine d’Allianz Trade estime même qu’une journée au-dessus de 32 degrés équivaut, en termes de pertes d’activité, à un demi-jour de grève.

Productivité en baisse, agriculture fragilisée, énergie sous tension

Aucun secteur n’est véritablement épargné. Les températures élevées perturbent l’industrie, mais aussi le commerce : lorsqu’il fait trop chaud, les terrasses se vident. Les transports sont également affectés. Le réseau ferroviaire est sous tension et des retards sont à prévoir. Même la production d’énergie est touchée : lorsque les eaux de refroidissement se réchauffent, le rendement des centrales nucléaires baisse. EDF se retrouve donc aussi sous pression.

Cette année, la vague de chaleur est surtout très précoce, ce qui pénalise particulièrement l’agriculture. Les températures élevées touchent des cultures tout juste plantées, faisant craindre des baisses de rendement importantes. La situation est d’autant plus délicate que les tensions sur les engrais persistent à cause du blocage du détroit d’Ormuz.

Du côté des élevages, les conséquences sont également directes : lorsqu’il fait trop chaud, les vaches produisent moins de lait et certains animaux peuvent succomber aux fortes températures. À cela s’ajoutent des coûts supplémentaires liés aux climatiseurs fonctionnant à plein régime, aux retards de chantier et à la multiplication des arrêts maladie, qui pèsent davantage sur la Sécurité sociale.

Les assureurs, eux aussi, subissent les conséquences de ces épisodes climatiques. Les fortes chaleurs provoquent des fissures dans les bâtiments, notamment après la fraîcheur observée encore il y a une dizaine de jours. Les infrastructures se fragilisent. En 2025, selon la Caisse centrale de réassurance, le manque de pluie et les épisodes de sécheresse ont coûté plus d’un milliard d’euros au secteur.

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