L'annonce des nouveaux bénéfices records de TotalEnergies relance le débat sur la taxation des superprofits

TotalEnergies a annoncé mercredi matin des bénéfices records, dopés par la flambée des prix du pétrole. Il n'en fallait pas plus pour relancer à l'Assemblée le débat sur la taxation des profits pétroliers.

Article rédigé par franceinfo
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Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, le 5 juin 2025. (LUDOVIC MARIN / AFP)
Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies, le 5 juin 2025. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Après l’annonce des très bons résultats de TotalEnergies, la polémique sur les superprofits est repartie de plus belle. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, appelle le pétrolier à redistribuer ses bénéfices. Le bras de fer reprend car TotalEnergies, estime de son côté, en faire déjà suffisamment pour les Français, en plafonnant les prix à la pompe ces deux derniers mois à 1,99 euro le litre d’essence, 2,20 euros le litre de diesel.

La firme de Patrick Pouyanné ne manque pas de rappeler qu’elle a mis en place cette opération, sans que le gouvernement ne le lui demande et surtout, qu’elle envisage de poursuivre ce plafonnement des prix en mai alors qu’il doit s’arrêter le 30 avril. Une information toujours bienvenue alors que l’on ne voit pas de sortie de crise et que les prix des carburants risquent de continuer à augmenter, en tout cas de rester élevés. Mais, ne nous trompons pas, cette politique rapporte à TotalEnergies plus qu’elle ne lui coûte : elle lui permet de capter la clientèle de ses concurrents, et d’attirer les automobilistes.

Alors, cela ne peut pas suffire et Sébastien Lecornu le sait. Certes, le gouvernement ne veut pas nourrir le "Total bashing", c’est-à-dire alimenter les critiques contre le géant pétrolier, car il est bien utile en temps de choc énergétique d’avoir un major français qui maîtrise toute la chaîne de la production, en passant par le raffinage et la commercialisation. Mais dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat, l’annonce des résultats records de TotalEnergies ne peut que nourrir la polémique : on parle tout de même de presque 6 milliards de dollars de bénéfices en trois mois, pour ce premier trimestre, soit 50% de plus, directement liés à la guerre en Iran.

Le vrai sujet : le niveau d’imposition de TotalEnergies

Les socialistes vont déposer une proposition de loi dès jeudi 30 avril, pour taxer à 20% "les superprofits des profiteurs de crises" et ils trouveront sans mal des alliés. Ainsi, le coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard, tacle sur son compte X, "un gouvernement nous dit [qu’il] n’est pas possible [de bloquer les prix du carburant] car les pauvres pétroliers ne pourraient pas s’en sortir". En fait, au-delà de cette surtaxe sur les superprofits, le sujet est déjà, le niveau d’imposition de TotalEnergies.

Mardi, Isabelle Patrier, la directrice France du groupe était interrogée justement à ce propos par les députés. C’est passé un peu inaperçu mais voici qu'elle a été sa réponse : "Je peux vous dire qu'on aimerait bien payer des impôts en France, mais nous avons dans l’hexagone, une activité de raffinage qui, l'essentiel du temps, porte des pertes". Autrement dit, comme TotalEnergies fait l’essentiel de ses bénéfices à l’étranger et est déficitaire en France, le groupe échappe à de nombreux impôts dans l’hexagone. Par exemple, il n’a pas payé la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises.

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