Entre défense du pouvoir d'achat et séduction des entreprises, Marine Le Pen entretient une ligne parfois difficile à concilier

Si sa candidature est désormais relancée, son programme économique reste encore à préciser. Marine Le Pen affiche aujourd'hui un discours bien plus libéral qu'il y a quelques années.

Article rédigé par Fanny Guinochet
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2min
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement National lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 16 juin 2026. (THOMAS SAMSON / AFP)
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement National lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 16 juin 2026. (THOMAS SAMSON / AFP)

Marine Le Pen sera bien candidate à l'élection présidentielle de 2027, elle l'a annoncé mardi 7 juillet au 20 heures de TF1, après la réduction de sa peine d'inéligibilité par la cour d'appel de Paris. Pour l'instant, son programme économique reste encore à construire, à affiner, tant il demeure flou et traversé de contradictions. La présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale a définitivement enterré les propositions qui avaient, par le passé, effrayé nombre d'électeurs : il n'est plus question de sortir de l'euro, ni de quitter l'Union européenne.

Sur le plan économique, Marine Le Pen se présente aujourd'hui comme bien plus libérale qu'il y a quelques années, tout en restant très attachée aux mesures de redistribution qui parlent à son électorat populaire. Elle défend notamment une hausse de 10% des salaires, la revalorisation des pensions et du minimum vieillesse. Sa plus grande force reste probablement d'avoir fait du pouvoir d'achat son principal cheval de bataille. Dès 2022, au moment de la guerre en Ukraine, elle réclamait déjà des aides pour les ménages les plus modestes, notamment une baisse massive de la TVA sur les carburants et les produits alimentaires, même si une telle politique serait très coûteuse.

Le RN cherche aussi à séduire les grands patrons

Depuis plusieurs mois, Marine Le Pen mène une véritable opération de séduction auprès des capitaines d'industrie, alors que le RN bénéficie déjà du soutien d'une partie des petits patrons, artisans et commerçants. En avril 2026, elle a notamment dîné avec une vingtaine de grands dirigeants, parmi lesquels Bernard Arnault, à la tête de LVMH, ou Patrick Pouyanné, le patron de TotalEnergies.

Devant eux, elle a affiché sa volonté de baisser l'impôt sur les sociétés et de réduire les normes et réglementations qui, selon elle, empoisonnent la vie des entreprises. Mais, dans le même temps, elle défend une taxation des superprofits et soutient des mesures visant à limiter les rachats d'actions, un mécanisme qui permet aux multinationales de rémunérer leurs actionnaires. Résultat : dans les entreprises du CAC 40, beaucoup la jugent encore trop étatiste, trop sociale, trop interventionniste, et doutent de sa capacité à réduire la dépense publique.

Cette méfiance tient notamment à la question des retraites. Sur ce sujet, la ligne du RN reste flottante. Marine Le Pen ne propose plus un retour à la retraite à 60 ans. Elle défend désormais un départ à 62 ans, avec des aménagements pour les personnes ayant commencé à travailler tôt. Mais ira-t-elle plus loin en portant une nouvelle réforme, comme le réclament les milieux économiques ? Sur ce point, elle évite soigneusement de trancher. Il faut dire qu'on ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens.

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