Téhéran prêt à un compromis ? "Je pense que l'Iran est incapable d'accepter ce genre de proposition", estime Joshua Zarka, ambassadeur d'Israël en France

Publié Mis à jour
Tout est politique du Mardi 07 avril 2026 franceinfo
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Article rédigé par franceinfo - Édité par l'agence 6Medias
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Invité de "Tout est politique" ce mardi 7 avril, le diplomate Joshua Zarka juge peu probable que l'Iran accepte un accord avant cette nuit avec Washington : "Ils ont toujours rejeté les différentes propositions qui leur ont été faites", rappelle-t-il à propos du régime, tout en précisant qu'il a néanmoins "changé".

Alors que l'ultimatum lancé à l'Iran par Donald Trump arrive à son terme, mardi 7 avril, le monde retient son souffle. Le président américain va-t-il déchaîner la puissance de feu américaine sur le pays ? Pour en parler, Joshua Zarka, l'ambassadeur d'Israël en France, était l'invité de "Tout est politique" sur franceinfo. "Il n'y a aucune intention du côté de cette force conjointe que sont les États-Unis et Israël de détruire une civilisation", assure-t-il.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Sonia Chironi : "Une civilisation entière s'éteindra ce soir à jamais, je ne le souhaite pas mais c'est probable." Voilà ce qu'a écrit aujourd'hui Donald Trump à quelques heures de la fin de l'ultimatum qu'il a fixé à l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Est-ce qu'Israël, qui est engagé dans cette guerre aux côtés des États-Unis, peut approuver ce type de propos, ces menaces de détruire une civilisation, un pays entier ?

Joshua Zarka : Je pense qu'il y a une différence de style entre nos dirigeants et je suis ici représentant de l'État d'Israël, et donc du Premier ministre. Je ne vois pas le Premier ministre Nétanyahou dire quelque chose de semblable…

Mais c'est juste une question de style, parce que là on parle de détruire une civilisation ?

Oui, je sais mais vous savez, le président Trump, il faut lire ses déclarations et les relire et ensuite les relire et attendre un peu et les relire, pour voir exactement, et je pense qu'il est très clair dans sa position. Je ne représente pas les États-Unis, je représente Israël. Ce que je peux dire à ce sujet, c'est qu'il n'y a aucune intention du côté de cette force conjointe que sont les États-Unis et Israël de détruire une civilisation. Bien sûr la civilisation iranienne est une civilisation extraordinaire, au contraire ce que nous voulons faire, c'est bien la libérer.

Donc vous vous désolidarisez de ces propos ?

Je suis le représentant de l'État d'Israël. Et donc en tant que représentant de l'État d'Israël, si vous me posez la question, est-ce qu'Israël a l'intention d'effacer une civilisation, la civilisation persane, cette nuit ? Non, c'est clair.

Camille Girerd : En tant que représentant justement d'Israël, est-ce qu'Israël se prépare ce soir à une opération d'envergure en Iran ?

Les opérations d'envergure en Iran ont commencé il y a déjà quelques jours. Il faut dire que le Premier ministre avait dit que nous étions en train de rentrer dans une nouvelle phase et cette nouvelle phase était une phase beaucoup plus importante.

Mais ce soir avec l'ultimatum fixé par Donald Trump, est-ce qu'Israël s'apprête à franchir un pas supplémentaire dans ce conflit et frapper plus durement l'Iran ?

C'est une question qui est vraiment opérationnelle et à laquelle je n'ai pas de réponse. Ce que je peux vous dire, et je vais essayer de vous répondre le plus franchement possible, c'est que nous avons déjà intensifié les frappes en Iran, nous avons déjà commencé à frapper des cibles qui sont de double nature, c'est-à-dire qui peuvent être utilisées et qui sont utilisées par les militaires, et nous avons déjà eu des résultats très importants. Est-ce que nous allons continuer de le faire ? Oui, c'est clair, nous allons continuer de le faire. Est-ce que cela va s'intensifier encore ? C'est très possible, mais je ne suis pas en position de vous dire si oui ou non maintenant.

Est-ce que vous êtes en position de nous dire, à quelques heures de cet ultimatum, si vous croyez dans une voie diplomatique et une possibilité d'échapper aux menaces offertes par Donald Trump sur l'Iran ?

Il y a toujours la possibilité d'une voie diplomatique, mais je connais un peu l'Iran. J'ai travaillé sur le sujet pendant un certain nombre d'années. En tout cas, le régime à la tête duquel se trouvait Ali Khamenei était un régime incapable d'accepter ce genre de propositions. Il a toujours reçu, quand il a reçu — je pense qu'on en avait parlé la dernière fois que j'étais chez vous — quand les propositions diplomatiques lui ont été faites, la dernière fois ça avait été dans les négociations autour du nucléaire, ils ont toujours rejeté les différentes propositions qui leur ont été faites.

Là, vous avez le sentiment qu'il y a une évolution et que le compromis est davantage possible aujourd'hui avec l'Iran qu'hier ?

Non, je pense que l'Iran est incapable d'accepter ce genre de proposition. Et en plus, il n'y a pas la personne qui serait capable aujourd'hui de prendre la décision d'arrêter le programme nucléaire, d'arrêter le programme balistique, parce que justement le régime — et je pense que quand le président dit que le régime a changé, c'est vrai, il a raison. Le régime n'est plus le même.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.

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